Le handicap

Médiapart - Conférence sur le Handicap : Tartufferie de Macron et de son ministre Blanquer

il y a 4 mois, par Info santé sécu social

11 FÉVR. 2020 PAR HÉLÈNE ELOUARD BLOG : LE BLOG DE HÉLÈNE ELOUARD

Faisant croire à la priorité de l’inclusion de l’élève alors qu’elles reposent sur une politique budgétaire quantitative et restrictive, le président Macron et son ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer se moquent des Accompagnants d’élèves en Situation de Handicap (AESH).

Comme tou·tes mes collègues Accompagnant·es d’Elèves en Situation de Handicap (AESH), j’ai écouté avec attention la conférence sur le handicap. Notre ministre Blanquer et le président Macron se sont exprimés sur notre fonction d’AESH. Merveilleux, me direz-vous, d’entendre que nous soyons cité·es, nous, les invisibles, les oublié·es de l’Education Nationale. Cité·es ? Mais comment ?
“Tou·tes concerné·es, tou·tes mobilisé·es” selon la formule de M. Macron. Je dirais : Tou·tes concerné·es, tou·tes exploité·es.

Macron nous parle d’AESH formé·es, recuté·es : la seule formation qui existe est une formation de 60 heures, non qualifiante, plus informative que qualitative avec aucune plongée sur le terrain. Des intervenant·es ne connaissant pas la fonction d’AESH, aucun·e AESH déjà en fonction sollicité·e pour présenter la réalité auprès des élèves pour les accompagnant·es.

Il ose nous parler d’emploi sécurisé avec un vrai statut ! Nous n’avons toujours pas de statut, nous restons avec une fonction et des missions d’AESH tellement floues et définies que sur des circulaires que les employeurs s’empressent de nous donner des missions hors cadres et abusent constamment de notre précarité.

Où est la sécurisation quand nos contrats à temps partiel sont passés de 1 an à 3 ans et que la seule solution d’arrêter est la démission ? Où est la sécurisation quand les personnes en CDI demandent des ruptures conventionnelles qui leur sont pas accordées faute de moyens ?

Où est la sécurisation quand la majorité de ces emplois précaires est à temps partiel ? Où est la sécurisation quand la seule solution que nous offre le Président pour travailler à plein temps est un travail périscolaire, c’est à dire d’étendre notre fonction à du travail d’animateur-trice ou que sais-je encore ? Avec des accords avec différents employeurs (mairies, collectivité) c’est-à dire différents contrats précaires pour soi-disant nous permettre de vivre décemment !

Macron veut former les enseignant·es au handicap. Une excellente initiative si elle ne cachait pas - et ses propos le confirme lorsqu’il dit que cela permettrait de mieux accueillir l’élève qui n’a peut-être pas besoin d’accompagnant·e tout le temps- le fait de diminuer encore une fois les heures d’accompagnement en donnant du travail supplémentaire à l’enseignant·e.

Blanquer a osé parler de vraies carrières ! Notre évolution de carrière , pour une personne à temps plein, ce qui ne représente que très peu d’AESH, représentera une augmentation salariale sera de 150 euros net en tout !

Les annonces de ce matin ne sont encore une fois que mensonges et tartufferie, faisant croire à la priorité de l’inclusion de l’élève alors qu’elles reposent sur une politique budgétaire quantitative et restrictive et une exploitation encore plus grande des AESH ! Plus de 11000 postes ont été créés depuis 2017. Couvrent-ils vraiment les besoins ? Non, la mutualisation à outrance que nous subissons fait que nous courons d’établissements en établissements avec parfois jusqu’à 9 élèves à suivre. Comment faire un travail de qualité dans de telles conditions ?

Combien d’AESH veulent démissionner aujourd’hui ? Tous les jours, nous cherchons à le faire car nous n’en pouvons plus, les conditions de travail sont de plus en plus difficiles et la précarité ne fait que s’accroître. Sans parler de la retraite misérable qui nous attend.

Mais quel est ce président avec son gouvernement qui ose parler "d’une Nation faite de citoyen·nes à part entière" lorsqu’il méprise autant toute une partie de la population ?