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NPA - Non à un retour à l’école prématuré et dangereux

22 avril, par Info santé sécu social

RAPHAËL ALBERTO

L’annonce par Macron de la réouverture « progressive » des crèches, écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai a surpris tout le monde. Elle a aussi fortement inquiété les élèves, parents et personnels de l’éducation qui se sentent sacrifiés à l’aune des intérêts économiques.

Le confinement fait des ravages, et nous ne serons pas de celles et ceux qui défendront la gestion de la crise sanitaire du gouvernement Macron. À l’école, la « continuité pédagogique » est un mensonge qui a laissé nombre d’élèves, et notamment les plus désavantagés, sur le côté.

Un gouvernement qui joue avec nos vies

Il est toutefois particulièrement hypocrite de la part de Macron d’utiliser les inégalités sociales et les violences intrafamiliales comme prétexte pour rouvrir les écoles dès le 11 mai, contre l’avis, entre autres, de l’ordre des médecins ou de l’observatoire national de la sécurité des établissements scolaires.

En fait, comme chacunE l’a compris, il s’agit avant tout de permettre aux entreprises qui ne l’avaient pas encore fait de faire pression sur leurs salariéEs pour qu’elles et ils reprennent le travail le plus vite possible. Les profits n’attendent pas et se moquent bien des morts. La date du 11 mai est d’ailleurs à relier à celle du 1er mai, date à laquelle les parents obligés de garder leurs enfants à domicile seront contraints de se mettre en chômage partiel.

« Sans nous le 11 mai »

C’est la formule qui a cristallisé l’opposition des personnels de l’Éducation nationale à cette mesure totalement irresponsable sur le plan sanitaire. Une formule qui a pu être caricaturée, ici ou là, comme corporatiste, alors qu’elle cache aussi une préoccupation pour nos élèves, leurs familles et au total l’ensemble de la société.

Ce refus s’articule avec des revendications pour des conditions d’un retour à l’école, à terme, dans des conditions plus sûres sur le plan sanitaire. Certaines ont d’ailleurs été listées dans un courrier intersyndical daté du 17 avril : un plan massif de tests, des masques pour tout le monde, une désinfection totale des établissements scolaires… C’est déjà trop pour le ministère, visiblement, puisque Blanquer s’est bien gardé de prendre des engagements là-dessus.

En réalité, pour envisager cette école sous le coronavirus, il faudrait réaménager les locaux, embaucher massivement des personnels, notamment des agentEs… Des mesures qui demandent du temps, ce que ne permet pas la date du 11 mai.

Blanquer ou le SAV de Macron

Depuis l’allocution du président et le tollé qui l’a suivie, Blanquer s’efforce de désamorcer ce qui s’apparente à un scandale sanitaire. Il a donc exposé, mardi 21 avril, devant la commission parlementaire, un plan de « réouverture progressive » de l’école, niveau par niveau, sur trois semaines, avec des groupes réduits, « peut-être » à 15 élèves.

Il reste en réalité beaucoup de flou, alors qu’on est à moins de trois semaines du début annoncé de la réouverture. Le plan lui-même se compose essentiellement de mesures superficielles, qui ne coûtent rien, et qui risquent d’aggraver encore les inégalités territoriales, puisque le maître mot est de laisser le pouvoir aux recteurs et aux directeurs académiques.

Quant à la liberté laissée aux familles de choisir entre retour en classe et école à la maison, elle est illusoire pour les familles les plus défavorisées. Une fois encore, ce sont les mêmes qui devront prendre tous les risques, y compris pour leur santé et celle de leurs enfants.

Une mobilisation à construire

Il faut donc espérer que l’on fera reculer le gouvernement sur la date du 11 mai. L’exemple du Québec a montré que c’était possible. Mais une chose est certaine : gagner quelques semaines ou quelques mois ne sera vraiment utile que si on utilise ce temps pour construire une mobilisation et obtenir de vraies mesures, en moyens et en postes, pour la réouverture des écoles.

Enfin, si nous refusons le 11 mai de Macron et Blanquer, c’est parce que nous pensons qu’un autre déconfinement est nécessaire. Non pas celui qui remet en priorité les salariéEs et les élèves au travail, mais celui qui nous rend nos libertés individuelles et politiques.