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NPA santé - Hôpital : Aux urgences, pas de vacances !

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

Chaque jour des préavis de grève sont déposés. Aujourd’hui en France, 181 des services d’urgences des 637 établissements disposant de structures d’urgences générales, dont 76 d’urgences pédiatriques, sont en lutte.

En 15 ans, les hôpitaux ont perdu 69 000 lits d’hospitalisation, un chiffre qui monte à 100 000 en 20 ans. Ce qui explique, en grande partie, l’engorgement actuel des urgences qui ont enregistré cette année 23 millions de passages.

Aucune trêve estivale
Les soignantEs ne connaissent aucun répit, y compris en période estivale, notamment dans les régions qui accueillent vacancierEs et touristes. Plus de patientEs, moins de lits et une mortalité qui dépasse celle des accidents de la route… Malgré cela le gouvernement s’oppose à la réouverture de lits d’hospitalisation, il exclut même le moratoire sur les fermetures, demandé par les syndicats.

À quoi pensent les médecins en chef d’un grand hôpital public lorsqu’unE patientE vient de décéder et qu’une réunion est convoquée dans le but de comprendre ce qui s’est passé – et de faire en sorte que ça n’arrive plus ? Dans un article publié le 26 juin, Bastamag pose la question, et la réponse illustre la façon dont la parole des soignantEs est considérée par la hiérarchie. Au CHU de Toulouse, la priorité ne consiste pas à faire la lumière sur les faits, mais à catégoriser certains soignantEs y participant, pour prévenir le risque d’une contestation interne. « Looser », « opposant », « corporatiste/syndiqué/anti-direction », « pessimiste » : autant d’appréciations qui participent de techniques managériales de manipulation mentale et de discrimination pour « neutraliser les personnalités les plus dérangeantes »1.

Se mettre en danger pour se faire entendre
La ministre ne fait pas mieux, en envoyant les CRS plutôt que de répondre aux revendications des grévistes qui le 2 juillet dernier, sous ses fenêtres, ont mis en danger leur vie, en s’injectant de l’insuline… Comme la grève de la faim au Rouvray et les perchéEs du Havre, les soignantEs se mettent en danger pour obtenir des avancées qui restent en-deçà des besoins sanitaires de la population de ce pays. L’affaiblissement des syndicats en butte aux lois qui se succèdent pour détruire la représentation des personnels et leurs acquis, laisse peu de moyens de se faire entendre par ce gouvernement opposé à l’intérêt général. Les Gilets jaunes comme les enseignantEs qui s’opposent à la réforme Blanquer l’ont bien compris.

Cela n’empêchera pas le mouvement de s’étendre sous la responsabilité du Collectif inter-urgences qui coordonne, en lien avec SUD, CGT et FO, une mobilisation qui devrait survivre à l’été. Si à l’Assistance publique hôpitaux de Paris, plus grand CHU d’Europe, le directeur général a accordé 230 postes sur les 360 exigés, les régions n’ont presque rien obtenu. Idem pour la prime mensuelle qui pourrait s’élever à 156 euros net à l’APHP car la plupart des directions affirment ne pas avoir de marge de manœuvre financière, et renvoient vers le ministère. La tentative des autorités sanitaires de casser la solidarité qui lie les grévistes de Paris et d’ailleurs n’a pas échappé aux militantEs du Collectif qui « continueron[t] à sensibiliser l’opinion publique […] et seron[t] mobilisés tout l’été pour échanger avec la population et l’ensemble de la communauté soignante. »

CorrespondantEs