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Regards - Sachez-le, la France ne vole pas de masques aux autres pays, elle « réquisitionne »

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Il est des informations dont on parle moins. Ou bien pour en parler nettement différemment. C’est eux les voleurs, nous, c’est pas pareil ! Un manichéisme qui va de pair avec les deux visions politiques qui s’affrontent : démocratie libérale autoritaire versus nationalisme illibéral.

« Vol », « détournement », « subtiliser », « rafler »… Voilà le genre de vocabulaire employé lorsque les Tchèques ou les Américains s’emparent de masques à destination d’un pays tiers. On entend ces derniers jours des histoires. Les Italiens ou les Français passent des commandes – notamment à la Chine, redevenue l’atelier du monde – mais se font doubler « sur le tarmac chinois » par des pays qui renchérissent. Business is business.

Mais voilà, il est une information qui fait moins de bruit : quand la France s’empare de la marchandise suédoise… à destination de l’Espagne et de l’Italie. Quatre millions de masques, tout de même, dérobés le 5 mars, révèle L’Express, au nom de la réquisition des stocks décidée de la 3 mars par le gouvernement.

Là, le vocabulaire change : ce n’est plus un vol, c’est une « réquisition », plus un détournement mais une « saisie ». L’action est la même, mais le lexique employé créé deux camps : les gentils et les méchants, les voleurs et ceux qui sont du côté de la légalité.

La voilà la véritable guerre. Elle est commerciale, mais surtout politique. La souveraineté de l’État confère au gouvernement sa légitimité.

Et la guerre est aussi une guerre de communication. Les États-Unis ont démenti avoir volé quelque marchandise que ce soit. Les Tchèques ont finalement rendu leurs masques aux Italiens. Et la France ? Elle aussi a rendu les masques, du moins la moitié de la marchandise « à titre dérogatoire », a indiqué le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale. Et voici la réaction de l’entreprise suédoise : « Ce sera plus cher mais, au moins, nous éviterons les saisies arbitraires pratiquées dans l’Hexagone ».

Une « polémique », titre Valeurs actuelles, qui préfère s’émouvoir du fait que l’UE vient en aide à l’Iran en lui fournissant du matériel médical « quand la France est au plus mal ».

Les ultra-libéraux se tirent dans les pattes. Les néo-fachos rêvent d’un monde totalement clos. La solidarité est un mot creux pour chacun d’eux. On pourrait appeler ça la gouvernance mondiale heureuse.

Loïc Le Clerc