Luttes et mobilisations

Site du NPA : 2 juillet : Paris, capitale des urgences

il y a 2 semaines, par infosecusanté

2 juillet : Paris, capitale des urgences

Le 3 juillet 2019

Près de 160 services d’urgences en grève. Un mouvement impétueux que les annonces ministérielles n’endiguent pas, loin de là, comme l’a montré la mobilisation du 2 juillet à Paris.

Les revendications ? L’embauche de 10 000 soignantEs pour assurer la sécurité des soins dans de bonnes conditions de travail et une augmentation significative des salaires, la réouverture de lits d’aval (80 000 ont été fermés entre 2000 et 2017) pour en finir avec les nuits-brancards qui mettent en danger les patientEs. Autant d’exigences partagées par les grévistes, partout en France. Au cours des derniers mois, 36 % des hospitalièrEs ont eu un problème de santé, soit 13 points de plus que la population générale. Les équipes sont épuisées et se mettent en arrêt maladie face à l’absence totale de réponse, et même d’écoute, des autorités sanitaires. La grève a le soutien de 92 % de la population.

Une structuration nationale
À l’initiative de cette mobilisation nationale, le Collectif inter-urgences, structure d’auto-organisation et de coordination à l’échelle nationale, est né à l’Assistance publique-hôpitaux de Paris et rayonne, aujourd’hui, aux quatre coins du pays. Soutenu par les syndicats CGT, FO et SUD, il a reçu l’appui de l’Association des médecins urgentistes de France pour sa deuxième initiative, le mardi 2 juillet, journée de manifestation nationale à Paris.

À l’AP-HP, il aura fallu presque 3 mois de lutte pour obtenir l’engagement de créer 230 postes et une revalorisation salariale somme toute limitée à 156 euros nets, si le réglementaire évolue, entre primes de risque et d’insalubrité. Pour le reste, protocoles de coopération, c’est-à-dire glissement de tâches médicales vers les infirmièrEs et intéressement, tel que décliné dans le projet de loi fonction publique, pourraient permettre à des soignantEs d’atteindre les 300 euros net, mais rien n’est moins sûr.

HospitalierEs et population en danger
Les promesses de la ministre sont dérisoires face aux besoins sanitaires de la population, y compris en période estivale. Sur l’Île-de-France, en 2018, 119 médecins urgentistes ont démissionné, contre 73 en 2017. Ce qui porte à 306 le nombre de postes vacants. Côté infirmier aux urgences, le nombre de vacances atteint 182.

Le financement de l’activité des urgences repose notamment sur un dispositif spécifique, les missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation, MIGAC, que la ministre refuse de revaloriser. Et la Cour des comptes va même jusqu’à préconiser que l’accroissement des effectifs en Ehpad, les maisons de retraite, exigé par les personnels de ces établissements et de l’aide à domicile, qui étaient de nouveau dans la rue lundi dernier, soit « intégralement compensé » par une poursuite de la diminution des effectifs des hôpitaux. Tous ces choix budgétaires, issus de réformes néo-libérales conduites par les gouvernements successifs, mettent en danger les hospitalièrEs et la population.

Vers une marée blanche ?
Toutes les régions sont concernées, de Caen à Bordeaux, de Bayonne au Havre, de Besançon à Pontoise, à Neuilly comme à Suresnes, dans le Nord, le Pas-de-Calais ou la Touraine, de Creil à Jossigny : tous les jours des préavis de grève sont déposés. Et, le 2 juillet, un millier de manifestantEs étaient dans les rues à Paris, de Bercy au ministère de la Santé, avec des délégations venues de quasiment toutes les régions, mais aussi des personnels d’Ehpad en lutte, confirmant que le mouvement s’étend et se renforce, avec également des rassemblements dans les régions devant les ARS.
C’est une « marée blanche » de la santé qui pourra mettre en échec ce gouvernement. Une grève de tous les personnels, soutenue par la mobilisation unitaire de la population avec les comités de défense des hôpitaux et des maternités, les Gilets jaunes les syndicats, les partis politiques.

CorrespondantEs