Le droit à la santé et à la vie

Viva - La mortalité infantile augmente en France

il y a 3 mois, par Info santé sécu social

En France, ces dernières années, la mortalité infantile est en augmentation, d’après une étude publiée dans le journal The Lancet*.

On ne connait pas exactement les raisons de ce phénomène, mais les décès d’enfants de moins de un an, inquiètent les chercheurs, qui viennent de mener une grande enquête, en France. Ces derniers indiquent que dans certains pays avec des économies avancées comme la Finlande et la Suède, la réduction du taux de mortalité infantile est continue depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais, dans d’autres comme la France, cette baisse semble ralentir.

« LE TAUX DE MORTALITÉ INFANTILE EST UN INDICATEUR CLÉ DE LA SANTÉ D’UNE POPULATION. IL A UNE FORTE RELATION AVEC LE DÉVELOPPEMENT SOCIO-ÉCONOMIQUE ET LA QUALITÉ DES SOINS PRÉVENTIFS ET CURATIFS EXISTANTS DANS LE PAYS ».

The lancet.

Si le taux de mortalité infantile a fortement diminué de 2001 à 2005, puis de façon plus lente de 2005 à 2012, il a ensuite nettement rebondi. Et, les chiffres de l’étude publiée dans The Lancet sont parlants : « Cette augmentation a fait passer la mortalité infantile de 3,32 en 2012 à 3,56 décès pour 1000 naissances vivantes en 2019 (+ 7%) ».

Près d’un quart des décès est survenu au cours du premier jour de vie, lit-on dans l’enquête et 47% au cours de la période néonatale précoce, c’est-à-dire la première semaine suivant la naissance. Les causes des décès sont divers : la prématurité, les malformations congénitales, les maladies infectieuses…

Il s’agit donc pour les chercheurs de savoir pourquoi de tels chiffres sont en hausse, de creuser le sujet et de mettre en place une véritable politique de santé publique. Car, la France n’a jamais été aussi mal placée dans ce domaine.

Quelques pistes de réflexion
Certaines pistes sont avancées pour expliquer cette hausse de la mortalité infantile en France. Les enquêtes nationales périnatales montrent que « l’âge gestationnel, l’indice de masse corporelle, et le taux de tabagisme durant la grossesse ont augmenté durant la période d’étude » ».

D’autre part, « la proportion de mères âgées de plus de 35 ans est ainsi passée de 12,5% à 21,3% entre 1995 et 2016 ; l’obésité est passée de 7,5% à 11,8% entre 2003 et 2016. Côté tabagisme, la France est le pays d’Europe où les femmes enceintes fumaient le plus durant leur troisième trimestre, selon des chiffres de 2017 ».

Les critères économico-sociaux jouent aussi un rôle. « On sait que les femmes vivant dans des conditions de précarité rencontrent plus de risque de naissances prématurées », précisent les auteurs de l’étude.

*Etude publiée dans The Lancet » par des chercheurs de l’Inserm, de l’AP-HP, du CHU de Nantes, « en collaboration avec des équipes californiennes ».

Marilyn Perioli