Luttes et mobilisations

lequotidiendumedecin.fr : Urgences : 154 services en grève, nouvelle mobilisation pour « maintenir la pression »

il y a 2 semaines, par infosecusanté

Lequotidien du Médecin : Urgences : 154 services en grève, nouvelle mobilisation pour « maintenir la pression »

02.07.2019

Les grévistes des urgences étaient de nouveau mobilisés partout en France ce mardi 2 juillet pour « maintenir la pression » sur le gouvernement après de premières « avancées » et tenter d’étendre le mouvement à tout l’hôpital. Leur slogan : « les soignants ne sont pas des robots ! »
Après des manifestations en ordre dispersé en juin, l’intersyndicale CGT-SUD-FO et le collectif de paramédicaux Inter-urgences ont décidé ensemble de cette journée d’action, à laquelle l’ensemble des personnels hospitaliers étaient conviés. À Paris, plusieurs centaines de soignants venus de toute la France sont ainsi partis à la mi-journée du ministère de l’Économie en direction de celui de la Santé, où une délégation espérait être reçue.
En blouses blanches ou affublés de costumes de robot en carton, les manifestants brandissaient pancartes et banderoles sur lesquelles on pouvait lire « ensemble sauvons les urgences » et « y’a de la colère dans le cathéter », en référence à une chanson enregistrée par des infirmières des urgences de Valence et diffusée sur les réseaux sociaux.
À Marseille, près d’une cinquantaine de personnes s’étaient réunies dans la matinée devant les urgences de La Timone (AP-HM).
Inédit par son ampleur et largement soutenu par la population, selon un récent sondage Odoxa, le mouvement démarré mi-mars à Paris après une série d’agressions n’a cessé de s’étendre en dépit des récentes réponses du gouvernement. Dans les Hauts-de-France, les personnels du CHU de Lille, de Tourcoing et Boulogne-sur-Mer ont rejoint cette semaine Calais, Douai et Lens.
Au total, selon le collectif inter-urgences, 154 services étaient en grève ce mardi. Ils étaient 106 le 14 juin quand la ministre de la Santé Agnès Buzyn a débloqué 70 millions d’euros pour financer une prime de risque de 100 euros net mensuels pour les 30 000 personnels (hors médecins) des urgences et faciliter les recrutements dans les services en tension cet été.
Des miettes
La prime, entrée en vigueur lundi en vertu d’un décret paru dimanche au « Journal officiel », sera désormais cumulable avec une autre dédiée aux travaux dangereux, a souligné la ministre dans un communiqué, rappelant « tenir l’engagement du gouvernement ». « Des miettes », rétorquent certains manifestants.
Les agents revendiquent 300 euros de hausse de salaire, des effectifs supplémentaires et un « moratoire » sur les fermetures de lits, a rappelé Didier Birig (FO), reconnaissant toutefois des « avancées locales » comme en Île-de-France, où d’importants moyens ont été mis sur la table pour éteindre la grève. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a offert de créer 230 postes dans ses 25 services d’urgences, tandis que l’agence régionale de santé (ARS) a proposé un contrat d’objectif « zéro brancard dans les couloirs » avec « une incitation financière » à la clé pour les hôpitaux concernés.
Grévistes et autorités locales devront gérer le manque de personnel accentué par les vacances d’été, la ministre de la Santé visant des services sans « trou dans les lignes de garde ». Mais la tâche s’annonce compliquée : selon une enquête pré-estivale de l’ARS francilienne, au moins 1 000 « plages de 12 heures » sont « non pourvues » en médecins – et autant en infirmières – pour juillet et août.
À Lens (Pas-de-Calais), après des démissions en cascade et en raison du manque de médecins, la situation est déjà « invivable » et le SMUR a été contraint de « fermer complètement » le 22 juin, ce qui « risque de se reproduire » au cours de l’été, selon le délégué CGT Jean Létoquart.