SUD santé sociaux

APMnews - SUD Santé sociaux appelle à un Grenelle de l’hôpital

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

PARIS, 24 janvier 2018

Le syndicat SUD Santé sociaux a organisé mardi une assemblée générale des hôpitaux en vue d’organiser des mobilisations contre la dégradation des conditions de travail et d’initier un événement qui pourrait prendre la forme d’un Grenelle de l’hôpital, a-t-on appris auprès de la fédération mercredi.

La fédération syndicale avait appelé à cette "AG des hôpitaux en lutte" pour "organiser une réponse collective nationale" aux difficultés rencontrées par les personnels et les usagers. "Fermetures de services, fermetures d’hôpitaux, restructurations massives, baisse des effectifs... depuis quelques années aucun établissement de santé n’aura été épargné" par les mesures d’austérité, selon SUD Santé sociaux, qui déplore un contexte "où l’épuisement et la perte de sens au travail vont jusqu’à pousser certain-es soignant-es au suicide".

Environ 120 personnes ont participé à cette assemblée générale, représentant une quarantaine d’hôpitaux de différents départements, dont la Martinique, et différentes catégories de personnels -notamment soignants, techniques et administratifs- a rapporté à APMnews Olivier Mans, secrétaire fédéral à SUD Santé sociaux. Etaient également présents des membres d’autres syndicats, de partis politiques, des patients et représentants d’usagers, a-t-il ajouté.

Les témoignages apportés ont permis de constater "partout à travers le territoire, jusqu’aux départements d’outre-mer, un secteur en souffrance majeure", indique la fédération dans un communiqué diffusé mercredi. "Les facettes de cette souffrance sont multiples, mais très clairement le sous-financement de l’hôpital est à l’origine de tous nos maux. La recherche de la rentabilité dans l’austérité qu’elle impose impacte non seulement les conditions de travail des hospitaliers mais plus largement l’accès aux soins pour chacun(e)".

Il est ressorti des nombreuses interventions "que les personnels ont mal à leur éthique", a relayé Olivier Mans, évoquant le manque de moyens humains, matériels et techniques rencontré et "le virage ambulatoire, une solution économique qui n’a pas été préparée" ou "l’austérité qui tue, avec 150.000 morts de plus sur la population globale depuis 2015". Utilisés pour pallier les manques d’effectifs, "les rappels de soignants à leur domicile représentent une économie pour l’Etat de 5 milliards d’euros sur trois ans, rien que pour les infirmiers", estime-t-il.

Face à ce diagnostic, la fédération appelle le ministère de la santé à prendre "des mesures immédiates". Elle demande "l’annulation de la dette illégitime des hôpitaux", un "moratoire sur toutes les restructurations hospitalières" et "l’arrêt de toute suppression de poste dans le secteur".

L’organisation souhaite aussi que des actions se mettent en place au niveau local, avec d’autres syndicats, des partis politiques, associations, élus ou usagers, "dans la perspective d’une action nationale d’ampleur". L’idée est de "redonner la parole au terrain", explique Olivier Mans, à travers l’organisation "d’un Grenelle de l’hôpital".

SUD Santé sociaux déclare enfin appeler "à une convergence avec le mouvement dans les Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes] le 30 janvier, et avec le secteur social le 14 février".