Luttes et mobilisations

Actu-soins - Grande mobilisation de toute la filière infirmière le 8 novembre

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

Les principales organisations d’infirmiers et d’infirmières salariés de la fonction publique et du secteur privé ont lancé un appel commun à la mobilisation pour le mardi 8 novembre.

Syndicats, organisations et associations sont unanimes : le 8 novembre prochain, les infirmiers, qu’ils soient spécialisés ou non, sont appelés à faire grève.

CNI, SNPI, SNICS, SNIA, ANEIA, UNAIBODE, AEEIBO, ANPDE, SPL...Une grande partie des organisations professionnelles ont en effet lancé un appel à une mobilisation massive des soignants.

Les infirmiers unis

La colère gronde dans les hôpitaux. Les infirmiers aimeraient être entendus. Reconnaissance de la pénibilité par un départ anticipé à la retraite, revalorisation salariale, réactualisation du décret d’actes infirmiers, détermination de ratios infirmiers au lit du patient par spécialité, retrait de l’article 51 de la loi Bachelot HPST relatif au transferts d’actes... Les revendications des syndicats sont nombreuses.

"Un collectif est en cours de constitution, avec de nouvelles organisations qui se rajoutent chaque jour. Une plateforme revendicative et des modalités d’actions sont en cours d’élaboration " explique Thierry Amouroux, Secrétaire Général du SNPI.

Même son de cloche du côté de la CNI. "Nous sommes en train de créer un socle unitaire avec des revendications communes, que l’on communiquera dans un ou deux jours" précise Nathalie Depoire, présidente de la CNI.

Grande manifestation nationale ? Actions locales dans les établissements ? Quelle que soit la forme exacte de cette mobilisation, les professionnels espèrent en tout cas marquer les consciences.

Des revendications générales...et spécifiques

Les syndicats déplorent notamment "les conditions de travail quotidiennes" et "les salaires trop bas", explique Nathalie Depoire, qui reformule des revendications déjà exprimées lors de la grève du 14 septembre.

Le SNPI, qui a déjà rédigé un communiqué propre, s’oppose par exemple aux restructurations comptables en Groupement Hospitaliers de Territoires GHT, aux fermetures de lits (100.000 en 10 ans) et aux suppressions de postes des Plans de Retour à l’équilibre PRE ainsi qu’au plan ONDAM (Objectif National des dépenses de l’Assurance Maladie) triennal de 3,5 milliards d’économies sur les hôpitaux.

Parmi les revendications portées par les syndicats, certaines sont aussi spécifiques aux filières dites de "spécialités".

Habitués à mener des initiatives propres, les infirmiers anesthésistes par exemple, n’hésitent pas cette fois, à mener une campagne commune pour faire entendre leur voix.

Les IADE demandent notamment une meilleure reconnaissance de la profession : corps spécifique de métier intermédiaire niveau profession master, grille indiciaire et salariale réévaluées.

La reconnaissance de l’autonomie ainsi que le maintien et le renforcement de la place des IADE dans les services d’anesthésie-réanimation et les SAMU-SMUR (autres revendications des derniers mois )ayant déjà été obtenus par un projet de décret qui devrait passer le 27 Octobre.

"Il y a des choses très positives, mais le gouvernement et le ministère ne veulent pas lâcher la reconnaissance financière. On se joint donc à la mobilisation commune, mais il faut savoir qu’il y aura très rapidemment une autre mobilisation spécifique pour le IADE " explique Vincent Porteus, de l’UFMITC-CGT IADE.

En un an, les IADE se sont déjà mobilisés 4 fois. Cette fois, ils feront front uni avec les autres filières infirmières.

Les infirmiers de bloc et les puéricultrices aussi

Reçus à plusieurs reprises au ministère ces derniers mois, les représentants des IBODE estimaient récemment que les dossiers avançaient. Réingéniérie de la formation et grade master : il y a quelques mois, Brigitte Ludwig, présidente de l’UNAIBODE, était même plutôt confiante par rapport à ses revendications, même s’il fallait attendre "qu’une méthodologie entre les ministères, les universités et les régions se mette en place". "On s’ approche du master, on sent vraiment qu’il y a une avancée par rapport à cela" expliquait-elle d’ailleurs à ActuSoins en mai dernier.

Les IBODE avaient également obtenu, à défaut d’une réingéniérie rapide de la formation, qu’un tableau de concordance entre le référentiel de formation actuel et le référentiel de compétences soit élaboré pour ne pas pénaliser les infirmiers inscrits dans un cursus de VAE. Mais l’attente pour le reste semble être trop longue.

"On avait beaucoup d’espoir. Nous sommes mi-octobre et malheureusement il ne se passe rien. Nous n’avons rien de concret. Il faut que le ministère de la santé actuel aille au bout de ses promesses sinon on risque de devoir tout recommencer avec un nouveau gouvernement, puisque les élections présidentielles ont lieu dans quelques mois... " explique la présidente de l’UNAIBODE.

Les infirmières puéricultrices, via l’ANPDE, rejoindront aussi le mouvement.

Car infirmiers et infirmiers spécialisés sont unanimes : pour garantir une qualité et une sécurité des soins, il faut revoir les conditions d’exercice ainsi que la reconnaissance des professionnels.

Un communiqué devrait être diffusé dans les prochains jours pour connaître la nature exacte de la mobilisation. A suivre...

Rédaction ActuSoins