Divers

Allo docteurs avec AFP - Violences obstétricales : "un sujet essentiel" pour les sages-femmes

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

La secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa avait provoqué un tollé des médecins en évoquant les "violences obstétricales" subies par les femmes lors de leur accouchement, en s’appuyant sur des chiffres erronés concernant l’épisiotomie. L’Ordre des sages-femmes a cependant salué jeudi 27 juillet le rapport commandé par le gouvernement pour étudier les violences obstétricales, un sujet "essentiel" dont la définition reste "sujette à débat".

Les violences obstétricales sont "un sujet essentiel" qui "doit impérativement être étudié", a estimé jeudi l’Ordre des sages-femmes en réaction à une polémique déclenchée par la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa.

L’expression contestée de "violences obstétricales" désigne des actes médicaux durant l’accouchement qui ne sont pas nécessaires ni consentis par la future mère. Parmi ces actes, l’épisiotomie (incision du périnée, zone située entre le vagin et l’anus, afin de laisser passer le bébé), que certaines femmes se plaignent d’avoir subie sans leur consentement.

"Au cours des derniers mois, les témoignages de femmes sur le vécu de leur grossesse ou de leur accouchement se sont multipliés, faisant émerger le sujet des violences obstétricales, écrit dans un communiqué le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes. Si la définition de ce terme est aujourd’hui sujette à débat, le ressenti des femmes ne doit en aucun cas être nié ou minimisé."

Marlène Schiappa a commandé un rapport sur le sujet au Haut conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE) mais a provoqué la colère des gynécologues en affirmant qu’il y avait "75% d’épisiotomies" en France, devant la Délégation aux Droits des femmes du Sénat.

Les conditions de travail dans les maternités pointées du doigt

"Le rapport annoncé par Marlène Schiappa apparaît comme une nécessité, auquel doivent être associés les usagers et tous les professionnels de la naissance", juge l’Ordre des sages-femmes. Selon lui, la qualité de la prise en charge des femmes qui accouchent est directement liée aux conditions de travail dans les maternités ("sous-effectif, surcharge dans les salles de travail..."). L’Ordre des sages-femmes "espère que l’élaboration de ce rapport constituera une occasion de définir de façon plus précise le sujet des violences obstétricales" et "d’identifier les axes d’amélioration pour y remédier".

Le 24 juillet, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) avait reproché à Mme Schiappa l’emploi de l’expression "violences obstétricales" : "Vous maltraitez notre profession", s’était-il insurgé. Il avait également souligné qu’il était "faux" de dire que le taux d’épisiotomies est de 75% en France.

Selon les derniers chiffres de l’Inserm, l’épisiotomie concernait 44% des premières naissances et 14% des suivantes en 2010, contre 71% et 36% en 1998. Cette forte baisse s’explique par un changement de pratiques lié à "l’absence d’évidence scientifique concernant les bénéfices d’une épisiotomie systématique", selon l’Inserm.