Dans le monde

Alteréco+ - Pollution de l’air : ce sont d’abord les pays en voie de développement qui étouffent

il y a 3 mois, par Info santé sécu social

Une Tour Eiffel qui peine à sortir du brouillard, Grenoble enveloppée dans un nuage de pollution, Lyon qui suffoque en pleine Fête des Lumières : la France a connu un sérieux épisode de pollution aux particules fines début décembre. A Paris, c’est même l’un des pires épisodes hivernaux en dix ans. Il l’est par sa durée (11 dépassements des seuils réglementaires en 18 jours) et par les niveaux atteints : la concentration en particules fines PM10 (celles dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres) est montée jusqu’à 259 µg/m³ le 1er décembre. L’association Airparif y voit trois facteurs principaux : le trafic routier dense, le chauffage notamment au bois et des conditions météos défavorables (vents faibles en particulier).

Ce taux exceptionnel en France est un taux moyen dans les villes les plus polluées du monde. Selon les dernières données publiées par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) en mai 2016, les villes les plus exposées sont nigérianes (Onitsha, Kaduna, Aba), pakistanaises (Peshawar, Rawalpindi) ou iraniennes (Zabol). Elles trustent le haut de ce triste classement avec des concentrations moyennes en particules fines PM10 autour des 500 µg/m³ (voir graphique). Pour l’OMS ces particules sont néfastes au-delà d’un taux moyen de… 20 µg/m³ !

Dans les pays en développement, 98 % des zones urbaines de plus de 100 000 habitants dépassent ce seuil, contre 56 % des villes des pays développés. Au total dans le monde, plus de huit urbains sur dix sont touchés par des niveaux anormaux de pollution de l’air. Le phénomène est toutefois en recul dans plus de la moitié des pays riches et dans plus d’un tiers des pays en développement.

La France fait partie des pays dans lesquels la pollution de l’air se réduit, mais les données publiées par l’OMS restent alarmantes. La pollution atmosphérique est supérieure au seuil maximal dans 112 des 315 villes où des mesures ont été réalisées. Pantin, en Seine-Saint-Denis, est la ville française la plus polluée avec une moyenne de 36 µg/m³ en 2014 (derniers chiffres disponibles). A Paris, le taux moyen était de 28 µg/m³ en 2014 : c’est plus qu’à Buenos Aires, Londres ou New York.

Selon une étude récente de l’agence Santé publique France, les seules particules fines PM 2,5 (plus petites donc) sont responsables de 48 000 décès par an en France. Au total dans le monde 3 millions de décès pourraient être provoqués par la pollution atmosphérique dans son ensemble.

Jean Saint-Marc