Revenu de base - Salaire universel

Alternative économique - L’hypothèse de « la fin du travail » qui fonde le projet de revenu universel de Benoît Hamon est très contestable

31 janvier, par Info santé sécu social

Blog Jean Gadrey

Benoît Hamon fait une intéressante campagne. En particulier en se présentant comme un partisan du revenu universel ou revenu de base (RB par la suite). Je ne doute pas de la sincérité de ses convictions, mais l’hypothèse centrale qui fonde son projet, celle de la « fin du travail » (au sens de sa raréfaction) est très contestable s’agissant des prochaines décennies, et de surcroît peu compatible avec les exigences d’une transition écologique et sociale ambitieuse, qui est absolument vitale.

Voici un extrait d’un entretien de Benoît Hamon dans Le Monde du 4 janvier dernier (les majuscules sont de moi) :

« Je ne remets pas en cause l’importance du travail, mais je relativise sa place, CAR IL VA SE RAREFIER. Le numérique va bouleverser nos vies… SELON TOUTES LES ETUDES SERIEUSES, CE SONT DES CENTAINES DE MILLIERS D’EMPLOIS PEU OU PAS QUALIFIES QUI ONT COMMENCE A ETRE DETRUITS DANS LES ECONOMIES OCCIDENTALES. »

Ce diagnostic est fréquent, surtout parmi les partisans du RB. Les grands médias ont adoré relayer certaines estimations catastrophistes (pour l’emploi), mais tout cela est-il bien sérieux ? Je m’en suis déjà expliqué dans une série de billets sur « Le mythe de la robotisation détruisant des emplois par millions ».

Je résume. D’abord, des projections techno-pessimistes pour l’emploi, on a déjà connu cela et avec les mêmes arguments qu’aujourd’hui : le rapport Nora/Minc de 1978, Rifkin et sa « fin du travail » en 1995, et le mythe de la « nouvelle économie » vers 2000. Dans tous les cas, ces prévisions ont été démenties par les faits. Je ne vois pas de raison de changer mes analyses passées (vous pouvez vous reporter au billet cité pour en savoir plus) avec tout ce ramdam récent sur les robots et le numérique dont on nous annonce qu’ils vont détruire 3 millions d’emplois en France dans les 10 ans qui viennent (La tribune du 27/10/14), voire… 18 millions en Allemagne « dans les prochaines décennies » soit pas moins de « 59% de la force de travail » !

POURQUOI CES ERREURS DE PREVISION ?

En quoi le raisonnement des Nora, Minc et Godet de l’époque est-il fautif, tout comme ceux de Rifkin et de nos prospectivistes d’aujourd’hui ? Voici trois biais d’analyse.

Premier biais : ils généralisent abusivement à des secteurs entiers des cas constatables sur des segments d’activités où, en effet, la « machine » remplace le travail humain.

Deuxième biais : ils raisonnent « toutes choses égales par ailleurs » sur le plan de la nature qualitative de la production de biens ou de services, en n’envisageant pas que, dans chaque secteur et dans l’économie, mais aussi pour nombre de métiers, le contenu de l’activité et de la production change fortement, se diversifie ou « s’enrichisse » en services nouveaux. Lorsqu’on en tient compte, le travail supprimé par la machine sur un segment peut (dans de nombreux cas que je cite dans mes billets) être plus que compensé par des activités nouvelles, ou bien tel métier dont on supposait qu’il allait disparaître peut voir son contenu transformé et les emplois correspondants maintenus. C’est pour cette raison que les prévisions périodiques de la DARES sur les métiers, autrement plus sérieuses, ne confirment pas du tout les tendances des prospectivistes médiatiques.

Troisième et dernier biais, le plus important. Ces prospectivistes font comme si le potentiel « révolutionnaire » qu’ils attribuent aux nouvelles technologies n’allait pas se heurter à des freins de toute sorte : freins humains du côté des travailleurs, des consommateurs ou des citoyens, freins économiques (le coût et la rentabilité des investissements dans les machines nouvelles), freins ou contraintes écologiques.

Voici juste un exemple (d’autres sont explicités dans mes billets sur le sujet). Il concerne les perspectives de la « silver économie » dans sa version techniciste à la Montebourg. J’y ai consacré un billet d’humour caustique en décembre 2013, « La silver economy, ou comment les vieux vont sauver la croissance » où j’écrivais : « Ces gens-là ont-ils jamais passé quelques heures avec de vrais retraité-e-s et personnes âgées pour tenter de comprendre ce qu’ils et elles attendent d’une vie digne et heureuse à la retraite et au grand âge, ou avec des associations d’aide à domicile et de gestion de lieux de vie dans une philosophie d’accompagnement humain et pas d’abord d’équipement techno ? … Dans ce domaine comme dans d’autres, des « low tech » et du temps de « care » seraient humainement bien supérieurs aux High Tech à la Montebourg, que je cite : « téléassistance active ou passive, géoassistance, vidéovigilance, télémédecine, chemin lumineux… ». Et cela créerait beaucoup d’emplois utiles et ayant du sens.

ROBOTS, NUMERIQUE ET ECOLOGIE

Dans aucun de ces discours, je n’ai vu la moindre allusion aux faits suivants : les robots et autres technologies semblables, c’est beaucoup d’énergie, beaucoup de matières premières et de minerais devenant rares, ce qui rendra impossible la généralisation de ces outils.
[…] la robotisation de la production est la forme extrême de l’industrialisation productiviste, et ses impacts écologiques tiennent largement au volume lui aussi croissant des matériaux et ressources transformés. On se heurte alors forcément à la raréfaction physique et à des coûts croissants à long terme.

Un exemple. Les robots ont commencé à se diffuser dans l’élevage, en particulier pour la traite. Il ne s’agit plus seulement des trayeuses électriques à l’ancienne, qui supposaient une intervention humaine, mais de vrais robots où les vaches laitières viennent elles-mêmes se positionner, le tout dans des fermes usines. […] Les articles sur la question ressemblent à des contes de fées. Tout se passe comme s’il n’y avait qu’un modèle d’agriculture viable : à grande ou très grande échelle. Comme si l’élevage des bovins était destiné à croître, comme si la quête de gains de productivité était une finalité indiscutable.

Mais, dans ce cas comme pour le commerce (traité dans un autre billet), et comme pour certains secteurs industriels, un avenir socialement et écologiquement soutenable est-il du côté des « usines à vendre », des « usines à vaches et à lait », à poulets, à porcs, à tomates, fraises ou maïs, et des gains de productivité à perte de vue ? Est-il du côté de la consommation croissante de viande, de lait, de voitures, de téléphones portables, de tout ?

Si l’on répond non à ces question, ce qui est mon cas, et ce qui devrait être celui de Benoît Hamon qui a le mérite de prendre ses distances avec le culte de la croissance, on pourrait presque en conclure que la plupart des robots et des automates n’ont pas d’intérêt pour la transition et qu’au contraire ils sont essentiellement des machines à faire de la croissance matérielle et à surexploiter encore plus la nature. Quitte à impulser des recherches et des innovations, il vaudrait mieux les orienter vers des gains de qualité de vie, de travail et de soutenabilité, vers les « low tech », vers l’agro-écologie et la permaculture, que vers des gains de productivité tous azimuts.

Qui plus est, cela pourrait contribuer à créer… des millions d’emplois ayant du sens.

UN MILLION D’EMPLOIS POUR LE CLIMAT EN CINQ ANS ?

Il faut donc résister à l’idée de la raréfaction inéluctable du travail, non pas d’abord pour des raisons idéologiques, au nom de la valeur travail, mais d’abord parce que pour réussir la transition écologique et sociale il va falloir beaucoup d’emplois de bonne qualité dans la période à venir. Les besoins sociaux légitimes sont légion, y compris dans les services du bien vivre, et la lutte contre le réchauffement climatique est urgente. Or elle n’a aucune chance de réussir si on n’y consacre pas des moyens financiers, matériels et humains très importants. C’est le sens d’un rapport inter-associatif qui vient juste d’être achevé et qui sera présenté à la presse le 12 janvier prochain sous le titre « Un million d’emplois pour le climat ». Il est cosigné notamment par Les Amis de la Terre, Attac, Alternatiba, le Réseau Action climat, la Confédération paysanne, Emmaüs, la Ligue des Droits de l’Homme, la FSU, Solidaires, le Collectif Roosevelt, etc.

Il faudrait l’envoyer à Benoît Hamon et au Mouvement Français pour un Revenu de Base. J’y reviendrai après sa publication.

COPIE DU BILLET SUIVANT, mis en ligne le 11 janvier

Le revenu universel au risque de la précarisation de l’emploi et du renforcement des inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes

Dans mon billet du 17 septembre dernier, j’écrivais : « En fonction du rapport des forces syndicales, politiques et sociales, le projet teinté de visées humanistes et émancipatrices du MFRB (mouvement français pour un revenu de base) pourrait bien devenir un outil de précarisation de l’emploi et de subventionnement indirect des employeurs qui abusent des petits boulots. […]

Par ailleurs, il serait aussi un outil de renforcement des inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes, comme on l’a vu en France dans les années 1990 avec l’allocation parentale d’éducation qui a conduit à un fort retrait de femmes du marché du travail, en favorisant le modèle paternaliste du « male breadwinner » (l’homme apporteur de ressources). Or cette APE attribuée dès le deuxième enfant jusqu’à ce qu’il atteigne trois ans, avait comme montant 3000 Francs par mois, soit en gros le montant du RB proposé par Marc de Basquiat…

La question est donc, si l’on accepte de réfléchir à l’idée d’un RB, ce qui est mon cas : comment s’assurer que ces dérives, qui existent déjà, ne vont pas s’amplifier avec le RB ? ». Fin d’auto-citation.

QUE DIT BENOIT HAMON ?

Je me reporte à son entretien dans Libé du 5 janvier http://tinyurl.com/grmlz9m. En voici des extraits, sur le thème du présent billet.

« Nous allons donc construire des formes de redistribution permettant progressivement de financer le revenu universel. Afin de toucher notamment les femmes, surreprésentées dans les emplois peu ou pas qualifiés, les métiers les plus pénibles, avec les horaires les plus décalés. Si demain vous proposez à une auxiliaire de vie, payée 1 300 euros par mois, de baisser son temps de travail en maintenant son pouvoir d’achat, elle le fera immédiatement.

Question de Libé : Vous n’avez pas peur de créer un « salaire maternel » ? N’est-ce pas une façon de renvoyer les femmes à la maison ?

Non, car c’est la possibilité pour elles de continuer à travailler, tout en disposant de moyens pour pouvoir réduire leur temps de travail. Ce qui m’intéresse, c’est qu’elles tirent de leur travail un revenu leur permettant de faire face à leurs besoins, mais surtout qu’elles aient les moyens de travailler moins quand leur travail constitue une peine ! […] Le revenu universel change complètement le rapport de force dans l’entreprise. Je reprends l’exemple de mon auxiliaire de vie : aujourd’hui, on leur demande de faire des toilettes de personnes âgées en dix minutes, là où elles ont besoin de trente. Quand on les interroge, ces salariées expliquent qu’elles maltraitent les patients dans leurs établissements, qu’elles perdent l’estime de soi en faisant mal leur travail. Alors oui, si le revenu universel est un moyen de se libérer d’un temps de travail où on ne s’épanouit pas, c’est un progrès. Le travail ne se résume pas à l’emploi. Les bénévoles n’ont pas de gratification, et pourtant ils font un travail ! Le revenu universel apporte une forme de reconnaissance au travail qui existe en dehors de l’emploi. C’est aussi une invitation à s’épanouir dans d’autres activités que l’emploi. » Fin de citation.

Voici plusieurs remarques critiques.

1) Benoît Hamon embraye d’emblée, comme si c’était la justification majeure du RB, sur le cas des femmes occupant des emplois aujourd’hui « peu qualifiés » et qui « constituent une peine ». Il privilégie ces exemples. Ce qui est préoccupant n’est pas qu’on accorde une grande importance à la situation professionnelle des femmes, mais que le revenu universel soit vu comme un atout pour elles d’abord, et pour les moins qualifiées d’entre elles. Comme si c’était un revenu de compensation des inégalités qu’elles subissent dans les sphères professionnelles et familiales.

Benoît Hamon aurait pu prendre l’exemple d’un ouvrier du bâtiment gagnant lui aussi 1.300 € et souhaitant lui aussi travailler à temps partiel grâce au RB, ce qui n’est pas invraisemblable. Mais non, comme la plupart des « honnêtes hommes », ce qui lui est venu à l’esprit pour le passage à temps partiel compensé monétairement est un cas d’emploi féminin peu qualifié.

2) B. Hamon botte en touche sur la question posée (le risque de « de renvoyer les femmes à la maison »). Or ce risque existe bel et bien, comme je l’ai montré avec l’exemple de l’APE. Que cela le gêne est évident, mais alors il devrait envisager des solutions pour éviter ce risque.

3) Proposer à une auxiliaire de vie ou aide à domicile (c’est l’exemple) de gagner autant en réduisant son temps de travail parce que le RB financera la différence, c’est INCITER AUSSI BIEN CES FEMMES QUE LEURS EMPLOYEURS A RECOURIR DE PLUS EN PLUS AU TEMPS PARTIEL. Or cela n’est pas neutre sous l’angle du genre, on l’a bien vu dans le passé avec les abattements de cotisations sociales pour l’emploi à temps partiel mis en place en 1992, abandonnés dans la seconde loi Aubry après avoir constaté leurs effets inégalitaires. La RTT pour tous est à l’opposé de tels dispositifs.

On va me rétorquer : oui, mais cela relève de la liberté de choix des femmes (et des hommes) ! Après tout, les hommes aussi pourront faire des choix semblables (travailler moins en gagnant autant). L’objection ne tient pas, si on juge les projets selon le critère de l’égalité. D’une part, ceux ou celles qui ont de bons emplois correctement payés « choisiront » moins souvent que les autres de réduire leur temps de travail tout en touchant le même RB. D’autre part, dans un contexte où les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes sont déjà énormes, rajouter une incitation soit au retrait du marché du travail soit au temps partiel va frapper en priorité celles qui sont déjà défavorisées. Donc creuser ces inégalités entre les sexes. On trouve ici, une fois de plus, un exemple où « verser la même chose à tous » (quoi de plus égalitaire a priori ?) produit des inégalités parce que la situation initiale est très inégalitaire

On sait bien que le passage à temps partiel est très peu réversible, qu’il accroît la précarité (souvent, les premiers licenciés en cas de difficulté sont les temps partiels), qu’il s’accompagne de moins de droits à la formation, qu’il pèse sur les retraites, et qu’il signifie presque toujours l’abandon de toute perspective de carrière. Son expansion n’est pas une orientation souhaitable, avec ou sans RB. C’est vrai aussi bien pour les femmes que pour les hommes, mais dans les faits 80 % des temps partiels sont féminins. Le RB ne va pas arranger les choses. Sauf s’il s’accompagnait de mesures fortes contre cette expansion, mais je ne les ai pas vues, ni du côté du MFRB ni chez Hamon.

4) Enfin, insister sur le fait que c’est parce que ces femmes (auxiliaires de vie, etc.) ont de mauvaises conditions de travail et de rémunération qu’elle préfèreraient travailler à temps partiel pour le même revenu, c’est laisser tomber l’autre solution, celle de l’amélioration des conditions de travail, de rémunérations et de services rendus. Cela exigerait certes des financements publics, mais sans commune mesure avec ceux d’un RB généralisé.

Reprenons l’exemple des aides à domicile. Si l’enjeu d’un service de qualité et de bonnes conditions de travail et de rémunérations est de consacrer 30 minutes en moyenne à la toilette des personnes âgées, temps « relationnel » compris, et non pas 10 à 15 minutes. Si l’enjeu est de payer le temps de déplacement des auxiliaires de vie entre deux visites à domicile. S’il est de les former et de reconnaître leurs qualifications dans des conventions collectives nouvelles. Alors, c’est cela, et non une compensation de 500 euros incitant au temps partiel, qu’il faut préconiser et financer sur la base de dépenses publiques, ce qui serait bon pour le développement des associations chères à Benoît Hamon. Et si cette politique est menée, alors les emplois correspondants seront de bons emplois ayant du sens, à l’opposé de ceux qui « constituent une peine ».

Car c’est mal connaître ces métiers du « care » et les femmes qui les occupent (à plus de 95 %) que de penser que ces dernières n’y voient que de « sales boulots ». Certes, elles dénoncent les mauvaises conditions de travail et de salaires aujourd’hui. Mais plusieurs enquêtes sociologiques sur ces emplois ont montré qu’ils ont beaucoup de sens pour les personnes qui les occupent, en particulier dans leurs dimensions relationnelles, et qu’ils font appel à de nombreuses compétences. Il faut « juste » des politiques pour les revaloriser.

Il importe de débattre des idées de revenu de base, ou proches, selon les critères de l’égalité et de la protection sociale universelle si l’on souhaite qu’elles contribuent à une bonne société.

RAPPEL DES PRECEDENTS BILLETS SUR LE SUJET

L’hypothèse de « la fin du travail » qui fonde le projet de revenu universel de Benoît Hamon est très contestable http://tinyurl.com/z828wob
le 8 janvier 2017

Le revenu de base creuse les inégalités entre minimas sociaux et salaires. Il produit de la paupérisation relative des minimas. http://tinyurl.com/jjztuum
le 8 janvier 2017

Ce que la Finlande va expérimenter n’a rien à voir avec le revenu universel ! http://tinyurl.com/z7tokod
le 7 janvier 2017

Le revenu universel, bientôt soumis à l’expérimentation ? http://tinyurl.com/h3sqcwh
le 10 novembre 2016

Revenu de base : du nouveau ? http://tinyurl.com/jp8bonp
le 17 septembre 2016

Revenu de base : réponses à quelques objections http://tinyurl.com/ze4az8v
le 7 mars 2016

Le casse-tête du financement du revenu de base (1) (suivi de deux autres) http://tinyurl.com/jkh2feg
le 2 mars 2016

Mais que pensent les avocats du revenu de base de la loi El Khomri/MEDEF ? http://tinyurl.com/gqrm5hm
le 21 février 2016

Revenu de base, suite : un billet invité de Marie-Louise Duboin http://tinyurl.com/gmlkyfe
le 2 décembre 2015

Revenu de base : je coince toujours, mais ce n’est pas désespéré (1) (suivi de deux autres) http://tinyurl.com/j5y5vgq
le 21 novembre 2015

Le mythe de la robotisation détruisant des emplois par millions (1) (suivi de deux autres) http://tinyurl.com/nf4d68p
le 1 juin 2015

Une contribution favorable au revenu de base (billet invité), par Stanislas Jourdan, coordinateur du Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) http://tinyurl.com/zpdp5sr
le 15 janvier 2015

Revenu de base, revenu universel : pas facile de se faire une idée http://tinyurl.com/ova2edr
le 13 janvier 2015