Les retraites

Capital.fr - Réforme des retraites : jusqu’à 10% de pension en moins pour les plus bas salaires

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

Quel sera l’effet des réformes sur la durée passée à la retraite et le montant de votre future pension ? A la demande du Conseil d’orientation des retraites, la Drees a simulé l’impact sur la situation des retraités des différentes séries de mesures législatives et réglementaires mises en oeuvre entre 2010 et 2015 pour redresser les comptes des régimes de retraites de base et complémentaire.

Sans grande surprise, le relèvement des deux bornes d’âge de la retraite – de 60 ans à 62 ans pour l’âge d’ouverture des droits et de 65 ans à 67 ans pour l’âge du taux plein – conjugué à l’allongement de la durée d’assurance requise pour le taux plein vont entraîner un recul de l’âge moyen de départ en retraite. Cela devrait contribuer à réduire la durée passée à la retraite d’un an et demi. Pour la génération née en 1980, cette durée devrait passer d’un peu plus de 28 ans en moyenne en l’absence de réforme à 26,4 ans : 24 ans pour les hommes et 28 ans et demi pour les femmes.

En contrepartie, le recul de l’âge de départ en retraite devrait permettre à ceux qui sont toujours en activité en fin de carrière de percevoir une pension plus élevée puisqu’ils vont accumuler plus de droits, valider davantage de trimestres et améliorer leur salaire de référence. Ce qui ne sera pas le cas pour ceux qui ont des carrières incomplètes : l’accumulation de droits supplémentaires ne leur permettra pas de compenser l’allongement de la durée d’assurance requise pour le taux plein. En outre à court terme, le décalage de la date de revalorisation des pensions (d’avril à octobre dans les régimes de base et d’avril à novembre dans les régimes complémentaires) ainsi que la sous-indexation des pensions Agirc/Arrco jusqu’en 2019 devrait entrainer une diminution du montant des pensions.

Au final, la pension cumulée sur l’ensemble de la durée de vie à la retraite devait diminuer de 1,3 % pour la génération née en 1950 et de 4,5 % pour la génération 1980, par rapport à une situation sans réforme. Ce sont les assurés ayant les plus bas salaires ou sortis le plus tôt du marché du travail qui seront le plus pénalisés. La perte cumulée atteint 10 % pour les assurés en dehors du marché de l’emploi dès 50 ans ; elle n’est que de 3,4 % pour les assurés ayant des revenus élevés !