Luttes et mobilisations

Coté Toulouse - Clinique Saint-Jean-du-Languedoc : les salariés en grève depuis sept jours, à Toulouse

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

Le 15/11/2016
Près de la moitié des salariés de la clinique Saint-Jean-du-Languedoc sont en grève depuis plus d’une semaine. Ils dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail.
Cela fait désormais sept jours que les salariés de la clinique de Saint-Jean-du-Languedoc, à Toulouse, ont entamé un mouvement de grève, à l’appel de l’intersyndicale CGT-Sud-Solidaires. Sept jours qu’ils se rassemblent devant l’entrée de la clinique. C’est la manifestation des personnels de santé, mardi 8 novembre, très suivie à Toulouse, qui a mis le feu aux poudres et poussé les salariés de la clinique à se mettre en grève.

À l’origine de cette mobilisation, les négociations entre les représentants du personnel et la direction concernant la fusion annoncée entre la clinique Saint-Jean-du-Languedoc et la clinique du Parc, à Quint-Fonsegrives.

“La direction est en train de niveler par le bas, regrette Cédric Colney, représentant CGT, et remet en question le peu d’acquis gagnés par les salariés ces dix dernières années.”

Effectifs en baisse, matériel manquant…

Selon les syndicats, près de la moitié des salariés se sont mis en grève, soit quelque 200 employés sur les 450 que compte la clinique. Les salariés grévistes de la clinique pointent notamment du doigt les effectifs en baisse dans les services, le matériel manquant, défectueux ou obsolète, l’épuisement des salariés et un manque de sécurité et de respect des patients.

« Nous n’acceptons plus les conditions de travail actuelles », martèlent les salariés grévistes. « Nous n’arrivons plus à soigner les gens, patients et soignants sont en danger », ajoute Cédric Colney.

Selon le représentant syndical, la direction souhaiterait également revenir sur les jours d’ancienneté acquis par les salariés et sur la prise en charge d’un jour de carence maladie. Mais le point sur lequel les salariés grévistes se montrent le plus revendicatifs, c’est sur l’augmentation des salaires.

“La moitié des salariés de la clinique sont au Smic, note Cédric Colney. Aujourd’hui, une infirmière commence à 1 300 euros net.”

Route bloquée et procédure au tribunal

Les négociations, entamées il y a dix mois avec la direction, n’ont pour l’instant pas avancées, selon les salariés grévistes. Et c’est parce qu’ils n’arrivaient pas à se faire entendre qu’ils ont décidés de se mettre en grève.

Lundi 14 novembre, journée de négociations, les grévistes ont même décidé de bloquer la route de Revel en début d’après-midi, quittes à se faire déloger par la police. « Nous voulons nous faire entendre, a répété Cédric Colney. Et pour l’instant, la direction ne fait pas de proposition acceptable. »

Opération qu’ils ont décidé de répéter ce mardi 15 novembre, dès 7 h 30, après avoir voté la reconduction du mouvement de grève.

La prochaine réunion de négociations a été fixée au mercredi 16 novembre. Les salariés grévistes regrettent qu’elles ne se poursuivent pas dès mardi 15 novembre. Pour ces derniers, « la direction cherche à pourrir le conflit ».

En attendant, les salariés dénoncent également des réquisitions abusives et des remplacements illégaux. Ils ont d’ailleurs engagé une procédure contre la préfecture au tribunal administratif concernant les réquisitions abusives et réfléchissent actuellement à attaquer également la clinique pour remplacements illégaux.

« Nous œuvrons pour que les négociations aboutissent »

De son côté, la direction de la clinique Saint-Jean-du-Languedoc ne s’est pas encore exprimée à la suite de la journée de négociations du lundi 14 novembre. Dans un communiqué, publié le 9 novembre après le début du mouvement de grève, elle déplorait l’appel à la grève lancé par les syndicats et précisait que les négociations étaient toujours en cours et qu’à ce stade, il restait encore des sujets en cours de discussions.

“Nous réaffirmons notre volonté d’aboutir à un accord dans l’intérêt de tous les salariés dans le respect du protocole d’accord et souhaitons poursuivre les discussions de manière sereine dans le cadre défini, déclarait la direction. Nous œuvrons pour que les négociations aboutissent. Il est essentiel que des accords soient trouvés dans l’intérêt de tous. Des accords socialement acceptables et financièrement viables.”

Une cagnotte de soutien

Depuis quelques jours, une cagnotte de soutien aux grévistes a été mise en ligne sur le site potcommun.fr par une déléguée du personnel.

“Les salariés payés au Smic ne peuvent participer à la grève sans se mettre en danger pour leur famille. Et pourtant, le but de la grève permet l’amélioration de leurs conditions de travail, l’amélioration de leur revenu. Et sans eux, la grève serait impossible, elle perdrait totalement de son efficacité, explique la déléguée du personnel à l’origine de cette initiative.”

Lundi 14 novembre, la cagnotte avait récolté les dons de 13 participants, soit 365 euros. « Nous, les délégués du personnel, délégués syndicaux Sud-Solidaires et CGT, nous avons promis aux salariés grévistes que nous ferons tout notre possible pour amoindrir les pertes de salaire de ces employés mobilisés », ajoute la déléguée du personnel.

Caroline Muller