Luttes et mobilisations

Correspondant - 1500 personnes dans la rue pour dire non à la fermeture de la Maternité de Pithiviers

22 mars, par Info santé sécu social

Forte mobilisation à Pithiviers dans le Loiret ce 19 mars, pour sauver la maternité publique. Elu-es (droite, gauche, le ban et l’arrière ban des notables du canton et du département), hospitaliers et leurs syndicats, SUD, UNSA, et la foule des anonymes de cette ville de 9000 habitants qui a pris avec rage et colère l’annonce brutale, il y a une semaine, de fermeture en urgence de la maternité par l’Agence Régionale de Santé. Un accident lors d’un accouchement, un bébé perdu ? Rien de tout cela.

Ce service tourne bien, plus de 500 accouchements par an dans la sécurité, obstétriciens, anesthésistes, pédiatres, sage femmes, et personnel para médical, il ne manque rien... sauf le fric ! Car pour fonctionner et assurer la permanence des soins cet hôpital fait appel à l’intérim médical. Comme des centaines d’autres en France y compris dans les hôpitaux dits de référence. Le résultat d’une politique de pénurie numerus claususienne imposée par toutes les équipes gouvernementales depuis des décennies. Une véritable catastrophe sanitaire dans certaines régions comme le Centre où la densité médicale dans les hôpitaux comme en médecine de ville fond comme neige au soleil.

La décision de l’ARS qui voulait fermer brutalement du jour au lendemain a été repoussée à juin et l’hôpital de Pithiviers est sommé de recruter instantanément des spécialistes pour renforcer d’un coup de baguette magique l’équipe médicale. On pourrait prendre cette exigence pour une plaisanterie mais ce sont des larmes de colère qui coulent, celles des collègues envahies par l’émotion lors des interventions à la tribune installée devant l’hosto, larmes de rage aussi d’être obligé de rejouer le scénario de 1997 où la mobilisation de toute la population avait fait reculer ARH et le ministre de l’époque, l’inénarrable Kouchner.

Après cette première mobilisation réussie d’autres actions se préparent.
Les élu-es vont faire pression dès lundi lors d’une réunion à l’ARS et lors d’une entrevue au ministère avec la ministre d’ores et déjà programmée dans les jours qui viennent. Espérons que Marisol Touraine arrivera aux mêmes conclusions et décisions que son prédécesseur en 1997. Mais nous en doutons fortement lorsque nous voyons qu’elle ne fait que suivre et amplifier la casse du service public de santé entamée par les gouvernements précédents.Sa fermeture « mettrait en danger » les mamans et les bébés. Mais ce qui révèle cette affaire d’éventuelle fermeture est ce désert médical qui se propage dans chaque département de France, et dont il va falloir mettre un terme, ont affirmé les deux sénateurs N. Cardoux (Républicains) et Jean Pierre Sueur (PS). Pouvons - nous avoir "confiance" en ces deux "lutins" qui savent trés bien que les directives de l’ARS font parti des mesures de restrictions budgétaires voulues par les pouvoirs successifs concernant la santé publique ?

Alors la seule confiance que nous ayons c’est celle que nous portons à la mobilisation de la population et à celle du personnel de l’hôpital. Là est la solution. La seule. Et les choses sont bien engagées à la lumière de la foule présente aujourd’hui dans cette petite ville traumatisée par les fermetures d’entreprises, la disparition lente et inexorable des commerces et des services publics.

Toutes et tous les intervenant-es à la tribune partagent un unique objectif, se battre jusqu’à la victoire sur les technocrates de l’ARS et du ministère. Et nous sommes sûrs que comme en 97 cette maternité emblématique qui a accompagnée les luttes de libération des femmes en leur rendant la maitrise de leur accouchement continuera d’offrir un service public de qualité à la population pour de longues années.