Luttes et mobilisations

Dans le Parisien Buzyn dénonce"l ’Ehpad Bashing"

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

Alors qu’un appel à la grève nationale, dans les 7000 maisons de retraite de France a été lancé pour mardi prochain, la ministre de la Santé nous dévoile en avant-première son plan pour aider les établissements en difficulté. Elle révèle également la mise en place d’ici fin 2018, d’une enquête de satisfaction annuelle auprès de chaque résident. Détails.

Un mouvement de grève national va toucher mardi les Etablissements d’hébergement de personnes âgées (Ehpad), pour dénoncer la dégradation des moyens. Partagez-vous ce constat ?

Agnès Buzyn. Il faut arrêter l’Ehpad bashing ! La majorité des établissements et des personnels font un super travail et offrent un très bon service. L’Etat aussi fait son travail : les moyens alloués aux Ehpad sont passés en dix ans de 5 à 10 milliards d’euros par an. La réforme de la tarification, qui s’applique dès 2018, favorise les établissements accueillant les personnes les plus difficiles : dépendance, pathologies multiples... C’est une réforme de bon sens. Certains établissements seront gagnants, et environ 10% seront perdants, la majorité dans le secteur public.

Mon engagement, c’est qu’aucun établissement ne soit pénalisé, que cette réforme se passe en douceur. Je rappelle qu’elle s’étale sur sept années et que la très grande majorité des établissements auront davantage de moyens une fois qu’elle sera totalement mise en oeuvre. 72 millions d’euros étaient déjà prévus (par le PLFSS) pour accompagner la réforme en 2018, plus 10 millions pour recruter des infirmières de nuit. Nous allons maintenant mettre en place un « plan de détection des Ehpad en difficulté ». Les Agences régionales de santé disposeront en outre cette année de 28 millions d’euros pour des accompagnements spécifiques. Nous y ajoutons 50 millions afin que les ARS financent au cas par cas des emplois, des équipements, des formations... Des missions d’appui et de conseil seront proposées aux établissements en difficulté pour améliorer leur efficience, en mettant en place des coopérations, des achats groupés... Enfin, un inspecteur des Affaires sociales sera nommé comme médiateur pour objectiver les effets de la réforme et fera remonter au ministère, via les ARS, tous les cas signalés par les fédérations professionnelles. Je veux qu’on n’oublie personne.

Beaucoup dénoncent des conséquences sur la qualité de service rendu aux résidents et de vie au travail. Comment l’améliorer ?

Je vais demander à la Haute autorité de santé d’établir un protocole pour réaliser chaque année une enquête de satisfaction auprès des résidents. Je souhaite qu’on évalue la bienveillance, la bientraitance, la qualité de vie au travail... J’ai lancé cet automne un groupe de travail national avec les branches professionnelles qui va me faire des propositions pour améliorer l’attractivité professionnelle de ce secteur. Nous allons aussi modifier la méthode d’évaluation des établissements.

Le résultat de ces enquêtes sera-t-il publié et peut-on imaginer un classement ?

Je n’exclus pas, comme pour les hôpitaux, que les résultats des enquêtes soient rendus publics. Elles prendront en compte le taux d’encadrement, les équipements, services et animations, les plaintes, le respect des bonnes pratiques... Il existe déjà un site pour connaître les tarifs des Ehpad ( pour-les-personnes-agees.gouv.fr ), on pourrait y faire figurer ces résultats afin d’apporter de la transparence et rendre toute l’information disponible pour les familles.