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France Info - A quoi ressemblerait la France de Philippe Poutou ?

il y a 3 mois, par Info santé sécu social

(Extrait)

Comme pour sa candidature à la présidence de la République en 2012, Philippe Poutou, ouvrier dans l’automobile (chez Ford à Blanquefort, en Gironde), porte les couleurs du Nouveau parti anticapitaliste. Derrière le slogan "Nos vies, pas leurs profits", celui qui a succédé à Olivier Besancenot entend "en finir avec le système capitaliste" et "porte le projet d’une société débarrassée de l’exploitation et de toutes les oppressions".

En difficulté dans sa recherche de parrainages, Philippe Poutou a obtenu in extremis les 500 soutiens nécessaires pour figurer parmi les candidats qui se présenteront à la présidentielle le 23 avril lors du premier tour. En 2012, il avait obtenu 1,15% des voix. Il souhaite notamment en finir avec la Ve République et supprimer la fonction présidentielle. Le candidat du NPA affirme aussi vouloir se présenter pour profiter des débats autour de la présidentielle pour présenter les idées de son parti.

Retraite à 60 ans et "pré-salaire" pour les étudiants

Philippe Poutou souhaite renverser la logique qui a cours depuis plusieurs décennies. Selon lui, la solution privilégiée par les gouvernements successifs depuis la fin du XXe siècle et l’avènement du chômage de masse a été la réduction du coût du travail. Comme il l’a expliqué sur le plateau de l’émission "On n’est pas couché" sur France 2, il veut en finir avec les solutions "qui tournent en rond depuis quarante ans" et qui visent à "baisser les charges sociales des patrons".

Au contraire, il veut défendre et élargir la Sécurité sociale en la finançant par les cotisations. "Cette protection sociale élargie assurera des retraites correspondant aux meilleurs salaires, permettant à chacun de cesser le travail après 37,5 annuités, à 60 ans maximum (55 ans pour les travaux pénibles)", détaille-t-il dans son programme.

Cette Sécurité sociale versera également un "pré-salaire", au niveau du smic, pour les étudiants car ceux-ci sont "des salariés en formation". Ce revenu doit leur permettre "de suivre leurs études ou de chercher un premier emploi". Même chose pour les "salariés avec une activité discontinue" tels que les intermittents du spectacle ou les travailleurs saisonniers : ils bénéficieront d’une "garantie de rémunération" assurée par les cotisations des employeurs auprès de la Sécurité sociale. Celle-ci sera "exclusivement et démocratiquement gérée par les salariés et leurs représentants".

Des soins gratuits et des hôpitaux de proximité

Sa Sécurité sociale "élargie" devra également garantir "la gratuité des soins de santé et des médicaments prescrits et utiles, en même temps que des indemnités journalières à hauteur de 100% du salaire" et "des allocations familiales assurant, dès la première naissance, la possibilité d’élever dignement ses enfants".

Philippe Poutou propose d’abroger plusieurs lois qui régissent le fonctionnement du système de santé. Il cite notamment la réforme de la tarification hospitalière, la "loi Bachelot" et la "loi Touraine" qu’il accuse de détruire "l’hôpital et le transforment sur le modèle de l’entreprise capitaliste".

Tous les soins et les médicaments "prescrits et utiles" seront gratuits, remboursés à 100%, ce qui devrait amener mécaniquement à "la suppression des assurances ’complémentaires santé’". Le tiers payant intégral devra permettre d’éviter toute avance de frais pour le patient et les dépassements d’honoraires des praticiens seront proscrits.

Afin de lutter contre les déserts médicaux, le représentant du NPA propose de créer 120 000 emplois dans le secteur, permettant de maintenir la présence "d’établissements de proximité, comprenant au moins un service d’urgence, une maternité et un service de chirurgie" et de "créer des centres de santé publics ouverts 24h/24 pour la médecine de proximité".

Sur les droits des femmes, Philippe Poutou entend d’ailleurs rendre "gratuits et accessibles" l’avortement et la contraception et "ouvrir des centres IVG et des maternités partout sur le territoire pour répondre aux besoins". Le délai légal pour un IVG sera également rallongé à 24 semaines.