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HP du Havre : les « perchéEs » ont obtenu la création de 34 équivalents temps plein

il y a 2 mois, par infosecusanté

HP du Havre : les « perchéEs » ont obtenu la création de 34 équivalents temps plein

Après des années de batailles syndicales, des mois de mobilisation des personnels rythmés par les « mardis de la colère », et 26 jours de grève dont 16 jours d’occupation du toit des urgences, la mobilisation des personnels du centre Pierre Janet, soutenue par une intersyndicale CGT, Sud, CFDT a fini par payer.

Face à la politique de suppressions de postes du gouvernement, et au mépris de la direction, les « perchéEs » ont obtenu la création de 34 équivalents temps plein (ETP). 19,5 ETP pérennes sont affectés sur un service provisoire (1eraout-30 novembre) de 22 lits. 13 ETP sont créés pour constituer un pool de nuit. 2 ETP renforceront le service des urgences. L’accord, validé à l’unanimité moins une voix par l’assemblée générale, a été signé le 11 juillet. Il ne prévoit qu’un poste d’aide-soignantE à titre provisoire sur 4 mois pour – tenter d’ – assurer la sortie des patientEs de la nouvelle unité. Le ménage ne sera assuré que par 1,6 ETP d’agent des services hospitaliers (ASH), également attribués à titre provisoire, témoignant du mégotage indigne de la direction.

« C’est ma première victoire syndicale »

Si chacun est rassuré de pouvoir passer les mois à venir en ayant résorbé les matelas « provisoires », personne n’est évidemment dupe de l’effet réel de ces moyens sur la qualité de la prise en charge des patientEs dans la durée. L’unité provisoire ne suffira pas à désengorger durablement l’hôpital qui a dû absorber ces dernières années les fermetures de Fécamp et de Lillebonne sans création de lits supplémentaires. Les personnels savent que l’installation de l’unité provisoire à l’extérieur de l’HP, alors même que celui-ci dispose d’un pavillon rénové et disponible, vise à rendre plus difficile la bataille pour la pérennisation des lits et ce au détriment de la qualité de prise en charge des patients. La « pénurie » massive de médecins sert de point d’appui à la direction pour fermer des services comme les centres médico-psychologiques (CMP)… Mais comme dirait un syndicaliste plus tout jeune, « c’est ma première victoire syndicale ». Ce sentiment est largement partagé, notamment parmi les jeunes soignantEs qui ont investi très nombreux cette mobilisation.

Généraliser la mobilisation

Cette victoire appelle d’autres combats sur l’HP et sur le Groupe hospitalier havrais, plus gros hôpital non universitaire de France, où la prise en charge des patientEs se fait également dans des conditions honteuses de pénurie de personnels et de moyens. Après celle du Rouvray, elle pourrait également donner confiance bien au-delà, et poser un problème politique central à un gouvernement qui continue à essayer de dérouler sa politique de 22 000 suppressions d’emplois dans la santé, et de remise en cause de la sécurité sociale au profit d’un glissement vers le tout privé. La violence déployée à l’HP d’Amiens pour faire déloger par la police les occupantEs témoigne que Macron est prêt à tout pour tenter d’enrayer ce cycle de mobilisations. Soutenus notamment par des délégations du Rouvray et du Havre, les personnels d’Amiens ont cependant réinstallé leur campement à l’entrée de l’hôpital. Ailleurs les mobilisations se multiplient : HP de Dignes-les-Bains, maternité de Guingamp, CHU de Tours et de Toulouse… Généraliser la mobilisation constitue l’un des enjeux de la rentrée. Le soutien que recueillent les mobilisations tant dans le secteur de la santé qu’auprès de la population est porteur d’espoir.

Correspondant