Psychiatrie

Hautes-Alpes : vers une fermeture progressive de l’hôpital de Laragne-Montéglin ?

il y a 4 mois, par infosecusanté

Hautes-Alpes : vers une fermeture progressive de l’hôpital de Laragne-Montéglin ?

Selon la CGT, l’ARS envisage le transfert des 25 lits de l’unité d’admission de l’hôpital psychiatrique vers Gap, mais aussi la fermeture du service post-cure et du pôle de réhabilitation psychosociale

L’annonce a eu l’effet d’une bombe, et pourrait bien provoquer d’autres déflagrations à Laragne-Montéglin, selon la CGT. Fin avril, l’Agence Régionale de Santé annonçait le transfert des 25 lits de l’unité d’admission de l’hôpital psychiatrique vers Gap.

Pour Force Ouvrière, cette fermeture du pavillon Provence signe tout bonnement l’acte de mort de l’hôpital. « Le transfert de la psychiatrie adulte sur Gap est, selon l’ARS, une question de coût », explique Sandrine Giaime, secrétaire générale CGT au sein du Centre Hospitalier Buëch Durance à Laragne Montéglin et infirmière au pavillon Le Provence. Une étude sera faite « pour déterminer si ce transfert est moins coûteux ou non », poursuit la représentante, les résultats seront connus au 1er août prochain.

« Ne plus prodiguer des soins de qualité », S. Giaime

La psychiatrie adulte s’est réduite ces dix dernières années dans les Hautes-Alpes, « moins de lits, moins de personnel. Si bien qu’en cas d’agitation, les autres personnels viennent nous porter main forte », explique Sandrine Giaime. Un service d’entrée qui accueille des patients atteints de pathologies lourdes « qui viennent régulièrement » ou des personnes en situation de Burn-Out, « il s’agit souvent de courts séjours, en moyenne de 13 jours. Cela leur permet de tenir à l’extérieur ».
Exercer dans la sécurité « de façon humaine »

Un personnel qui met l’accent sur « le soin de façon humaine, avec des patients qui mangent au self avec le personnel, qui peuvent pratiquer certaines activités, sortir à l’extérieur afin de s’apaiser et avoir une pensée plus construite ». Si bien que les pratiques exercées au sein de Laragne-Montéglin sont prises en exemple dans le milieu psychiatrique français : une équipe est notamment intervenue il y a trois ans au sein de l’hôpital de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain « alors que la situation n’était plus humaine, les patients étaient sanglés et les isolements étaient à répétition ».

Une autre équipe est intervenue lors des rencontres nationales de la psychiatrie.
Des pratiques qui ne seront plus possibles en cas de transfert à Gap, « les patients ne pourront pas se promener au sein des services, il faudra donc les enfermer, nous sommes contre », poursuit Sandrine Giaime.

Vers une disparition programmée du CHBD ?

Selon la CGT, hormis ces 25 lits qui pourraient être déplacés sur Gap, l’ARS aurait également annoncé la fermeture de 15 lits du pavillon réhabilitation psychosociale et des 14 appartements du service post-cure. La raison ? L’ouverture d’une résidence thérapeutique temporaire pour 12 patients sur Gap