L’Anticapitaliste Hebdo du NPA

Hebdo L’Anticapitaliste - 348 (30/08/2016). Renault, Le Diesel et notre santé : le bal des hypocrites

Septembre 2016, par Info santé sécu social

Renault Diesel : le bal des hypocrites

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Renault est de nouveau rattrapé par le scandale à répétition des moteurs Diesel. Le Financial Times a relayé les protestations de plusieurs membres d’une commission mise place par le ministère de l’Environnement...

Un rapport tronqué avait été publié... d’où avaient été retirés les résultats les plus critiques pour les véhicules Renault. De rectifications et démentis, on a assisté à un magnifique bal des hypocrites.

Dix fois plus élevés en conditions réelles que dans les tests

Le fait que Renault dépasse les normes officielles en matière d’émissions de moteurs Diesel est de notoriété publique. Alors que des perquisitions avaient lieu dans les centres d’études de Guyancourt et de Lardy, on savait depuis février 2016 que certains véhicules diesel Renault émettent dix à onze fois plus de gaz toxiques en conditions réelles que lors des prétendus tests anti-pollution. Pour le modèle Espace, ce serait même de 13 à 25 fois !

Le fait que les tests officiels soient biaisés au profit des constructeurs automobiles est lui aussi de notoriété publique. Les émissions dans l’atmosphère sont aujourd’hui limitées en réinjectant une partie des gaz dans le moteur. Mais les constructeurs automobiles expliquent que si ces dispositif fonctionnaient en permanence, ils occasionneraient des dommages pour le moteur. Voilà pourquoi, en toute légalité, le système est débranché en Europe selon la température ambiante. Le système fonctionne à tout les coups lors des tests officiels effectués à 20 degrés, mais est automatiquement débranché sur la route dès qu’il commence à faire plus froid. Si ce n’est pas de la triche avérée, c’est une connivence certaine entre constructeurs et gouvernements pour nous enfumer !

Des profits en hausse contre nos vies

La réduction obsessionnelle des coûts chère à Carlos Ghosn s’applique dans les ateliers, les services et les bureaux d’études. Et les secteurs Renault anti-pollution n’y font pas exception, avec les mêmes sous-effectifs et les mêmes augmentations de charge de travail qu’ailleurs.

Autre information de l’été 2016, la marge opérationnelle de l’activité automobile de Renault, dont les variations sont corrélées à celles du taux de profit, a augmenté de 65 % par rapport au premier semestre de l’année précédente, pour atteindre 1,12 milliard d’euros.

Cette augmentation des profits trouvent sa source dans l’exploitation du travail mais aussi dans ce dépassement systématique de règles censées protéger la santé de tous. Les scandales à répétition des moteurs Diesel en apportent la preuve.

Jean-Claude Vessillier