L’Anticapitaliste Hebdo du NPA

Hebdo L’Anticapitaliste - 382 (04/05/2017 : Macron, Le Pen et la Sécu, une leçon de choses

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

Les candidats au deuxième tour de la présidentielle prétendent consolider la Sécurité sociale, alors que leurs programmes ouvrent la voie à son démantèlement et à la destruction de ses fondements.

Ainsi Macron veut bouleverser le financement de la branche maladie et remplacer les cotisations sociales par la CSG, la TVA et une taxe sur la pollution. Il s’agit d’exonérer totalement les employeurs et de faire reposer le financement sur les salariés, les retraités et les chômeurs. Il prévoit cette même mesure pour les cotisations chômage et envisage de nationaliser l’UNEDIC, ce qui logiquement ouvrira la voie à la gestion de la Sécu par l’État et à la fin de son budget propre. Macron annonce la prise en charge à 100 % des lunettes, des prothèses dentaires et auditives d’ici 2022. Le remboursement de cette mesure devra être pris en charge par les complémentaires santé, les 5 % de la population qui n’ont pas eu les moyens de cotiser n’en bénéficieront donc pas. Et les mutuelles et assurances devront obligatoirement proposer trois types différents de contrats : plus on a les moyens, mieux l’on sera protégé ! Ce serait un nouveau recul de la part de la Sécu dans le remboursement des soins et une rupture complète avec le principe de solidarité.

Le Pen, elle, a calqué des mesures de gauche : augmentation du numerus clausus, maintien des établissements de proximité, embauches... Elle veut développer des maisons de santé pluridisciplinaires (avec des professionnels de santé libéraux). Et elle reste dans le flou le plus complet sur les modalités de financements de la Sécu, sauf pour les allocations familiales. Les cotisations uniquement patronales seraient supprimées et remplacées par l’impôt. Ainsi, le principe d’universalité de la Sécu reculerait considérablement avec des mesures discriminatoires au nom de la « priorité nationale ». La candidate du FN veut non seulement supprimer l’Aide médicale d’État (AME) pour les personnes sans papiers (une AME qui représente 0,7 % du budget de la Sécu, à comparer aux milliards de cadeaux faits au patronat), mais aussi établir un délai de carence de deux ans avant que les étrangers qui disposent d’un emploi et cotisent à la Sécurité sociale n’aient droit aux prestations de la Sécu… Quant aux allocations familiales, elles sont purement et simplement supprimées pour les « non nationaux ».

Pour la protection sociale, la tempête arrive... Mobilisation générale !

S. Bernard