Les présidentielles 2017. Les réponses de P. Poutou aux associations et à la presse

Interview du Quotidien du médecin sur la santé des présidents - Philippe Poutou : aucun président ne tient parole sur la transparence

il y a 1 semaine, par Info santé sécu social

Le candidat du NPA dénonce la collusion du secret médical et des mensonges d’Etat.

Considérez-vous que la question de la santé du président de la République relève de la vie privée, ou qu’elle peut nécessiter d’être traitée dans le débat public ?

C’est un sujet compliqué pour lequel il faut faire la part des choses. Bien sûr, il faut préserver une part de vie privée, mais il faut rendre des comptes sur la sur-importance du pouvoir politique, avec le facteur santé qui s’y attache. Nous vivons dans un régime de monarchie républicaine qui fait que la santé du président devient une affaire d’Etat et suscite des mensonges d’Etat fréquents. Dans le monde syndical, un délégué a toujours un suppléant, quand il est malade il est remplacé. On assume sa responsabilité en équipe, ce qui n’est malheureusement pas le cas pour la présidence.

Quels enseignements tirez-vous des événements survenus à cet égard lors des mandats de Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac ?

De Pompidou à Sarkozy, de la maladie de Waldenstrom à un abcès de la gorge, en passant par un cancer de la prostate métastasé, les présidents ont toujours caché leurs maladies, quelles qu’en soit la gravité. Aucun n’a tenu ses promesses. Mitterrand s’était engagé à en finir avec le secret médical et le mensonge d’Etat, on a vu ce qu’il en a été ! Ces précédents fournissent des arguments supplémentaires à notre projet : en finir avec l’hyperprésidence et ses mensonges, il faut mettre en place un gouvernement qui soit réellement contrôlé par le peuple et qui agisse vraiment pour le peuple.

Envisagez-vous de prendre personnellement des engagements pour garantir, si vous êtes élu président de la République, la transparence de l’information au sujet de votre santé ?

Je ne participe pas au petit jeu des autres candidats qui vous font des promesses une main sur le cœur, à ce sujet comme sur tous les autres. Mon engagement, c’est en finir avec l’hyper-présidence.

Estimez-vous que la Constitution soit suffisamment précise au sujet des règles sur l’empêchement médical du président ?

Le vrai problème, c’est la concentration de tous les pouvoirs dans les mains d’un seul. C’est cela qu’il faut changer.