Branche maladie de la sécurité sociale

J.I.M. - Déremboursement : les enfants handicapés aussi !

17 février, par Info santé sécu social

On connaissait déjà les difficultés de prise en charge, d’accessibilité des lieux publics et d’insertion dans la vie active des personnes handicapées en France. Une pierre est à rajouter dans le jardin de la délicate situation des handicapés. On a en effet appris cette semaine, grâce à l’alerte lancée dans la presse par l’ANECAMSP (Association Nationale des Equipes Contribuant à l’Action Médico Sociale Précoce), que certaines caisses d’assurance-maladie refusent depuis peu de rembourser des soins effectués par des professionnels de santé libéraux pour des enfants handicapés pris en charge par des centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP).

En principe, les CAMSP, établissements pluridisciplinaires où interviennent de nombreux spécialistes et paramédicaux suivent eux-mêmes les enfants. Il leur arrive néanmoins de missionner des praticiens hors les murs de la structure quand un lien a déjà été noué avec une famille, quand celle-ci vit loin du centre ou quand ils manquent de place.

Un article du code de l’action sociale et des familles prévoit d’ailleurs que les CAMSP peuvent avoir recours au secteur libéral lorsque « pour des raisons d’intensité ou de technicité » ils ne sont pas en mesure de répondre à tous les besoins des enfants.

Des « économies de bout de chandelles » …contre-productives !

L’ ANECAMSP a alerté depuis plus de deux ans les autorités sur ce sujet (!) avant de porter le débat sur la place publique. Ségolène Neuville, Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion assure que cela ne lui a pas échappé et qu’en réponse ses services encouragent désormais les CAMSP à rationaliser leur activité afin de disposer d’arguments solides pour pouvoir les soutenir dans le bras de fer engagé avec la Sécurité sociale… « Peut-être que des efforts sont faits mais, sur le terrain, rien ne bouge », fait valoir Marcel Hartmann, vice-président de l’ANECAMSP auprès du Journal du dimanche qui note en outre que ces déremboursements sont en contradiction avec la volonté affichée du gouvernement de « fluidifier les parcours » des handicapés en prenant leur point de vue en compte.
Directrice d’un CAMSP à Paris, Michèle Baron Quillévéré doute quant à elle, auprès du même hebdomadaire, de la pertinence de ces « économies de bouts de chandelle » qui en plus d’être injustes et pusillanimes seraient contre-productives : « plus la prise en charge est précoce, plus les conséquences du handicap seront limitées chez les enfants mais aussi dans la vie de leurs parents, et donc moindre sera le coût du handicap pour la société » rappelle-t-elle ainsi.

Frédéric Haroche