Amerique du Nord

J.I.M. - Etats-Unis : l’ogre Amazon serait prêt à dévorer le secteur de la pharmacie d’officine

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

Seattle, le jeudi 1er juin 2017

- La rumeur n’en est plus vraiment une après la révélation par le site d’information américain CNBC que le mastodonte de la vente en ligne, dématérialisée. La firme basée à Seattle propose déjà sur son site un catalogue bien fourni de matériel médical et de médicaments à la vente sans prescription (OTC) que l’on trouve également dans tous les drugstores du pays.

Mais cette fois, c’est bien au marché de la vente de médicaments Amazon, venait de recruter un directeur général pour mener à bien une stratégie de conquête du marché de la pharmacie d’officine soumis à prescription qu’aurait l’intention de s’attaquer Amazon qui tourne autour de cette opportunité depuis déjà de nombreuses années. Il faut dire qu’avec plus de 4 milliards de prescriptions délivrées chaque année pour un chiffre d’affaires d’environ 300 milliards de dollars, la tentation est grande pour la multinationale de fondre sur un secteur dont il pourrait s’approprier la part du lion, soit 25 à 50 milliards de dollars annuels, selon un analyste cité par CNBC.

Le Japon et le Royaume-Uni comme terrains d’expérimentation

Si l’opération est loin d’être finalisée en raison des obstacles liés à un secteur qui reste, même outre-Atlantique, très réglementé, Amazon a déjà entrepris des tests grandeur nature dans d’autres latitudes que son marché domestique. Au Japon, il vient ainsi de s’associer avec deux chaînes de pharmacies locales pour y tester la vente en ligne et la livraison rapide de médicaments nécessitant une consultation auprès d’un pharmacien avant l’achat. Après avoir décrit ses symptômes et ses antécédents médicaux via un formulaire en ligne qui doit être validé par un pharmacien, le patient japonais reçoit les produits prescrits directement chez lui et le jour même.

Dans un article du quotidien britannique The Times, un expert en consommation, David Jinks, rappelle que « le Royaume-Uni a déjà été utilisé à plusieurs reprises par Amazon comme banc d’essai pour le lancement de nouveaux services » et qu’il est tout à fait envisageable que l’entreprise puisse « entreprendre dans le pays des tests de lancement dans le secteur pharmaceutique ». Pour autant, la réglementation du marché des produits de santé dans le royaume, bien plus stricte qu’aux Etats-Unis ou qu’au Japon, pourrait quelque peu moduler l’appétit de l’ogre américain. Quant à la France, son cadre juridique actuel qui interdit la vente de médicaments sous prescription en ligne et qui oblige à la possession d’une officine « en dur » pour vendre des OTC sur Internet permet, pour le moment, d’ériger des remparts assez hauts pour repousser les ardeurs d’un Amazon devenu cyber-pharmacien.

Benoît Thelliez