Branche maladie de la sécurité sociale

JIM - Hausse du nombre d’arrêts de travail : à qui la faute ? Peut-être pas aux mauvais médecins !

il y a 3 mois, par Info santé sécu social

Paris, le vendredi 23 février 20

Dans son bulletin mensuel, l’Assurance maladie fait état d’une augmentation des dépenses liées aux arrêts de travail et aux indemnités journalières de 8 % en janvier 2018 par rapport à janvier 2017 et de 5,2 % sur les douze derniers mois. Soulignons, en outre, que, globalement, depuis 2014, le coût des arrêts de travail augmente plus vite que les dépenses de santé.

Certains esprits bien intentionnés, reportage à charge à l’appui, ont pu rapidement désigner le coupable : le médecin généraliste libéral et ses fameux arrêts de travail de complaisance !

Reste que "l’enquête" en cause, diffusée durant le journal du soir de France 2 et qui pointait « la prescription de certains médecins » pour expliquer une « explosion inquiétante » est un peu tombée à côté…puisque l’on a découvert chez le journaliste se faisant passer pour un patient en caméra cachée une tension très élevée ! Ainsi, en plus de leur indignation, ce document a pu provoquer l’amusement des représentants de syndicats de médecins libéraux.

De nombreux "vrais" facteurs d’explication

Dans les faits, mis à part le "dispendieux médecin complaisant", beaucoup d’explications peuvent être apportées pour comprendre cette hausse.

En premier lieu, des raisons "mécaniques" telles que la diminution (légère) du nombre de chômeurs et l’augmentation du nombre de trimestres de cotisations.

On note aussi la recrudescence ces dernières années d’arrêts maladie liés à la souffrance au travail. Or les affections qui y sont liées entraînent des arrêts de travail plus longs que face aux autres pathologies (112 jours en moyenne contre 65 jours).

Moins évident, mais tout aussi pertinent, certains analystes mettent en avant qu’aux moments les plus noirs de la crise économique les salariés rechignaient davantage à bénéficier d’un arrêt de travail, que certains employeurs utilisent des arrêts de longue durée en lieu et place des retraites anticipées ou encore que la frontière de plus en plus poreuse entre vie privée et professionnelle favorise le burn-out.

F.H.