EHPAD

JIM - Quand les EHPAD lésinent sur l’alimentation…

il y a 3 semaines, par Info santé sécu social

Paris, le vendredi 1er septembre –
Dans un communiqué, le Syndicat national des professionnels infirmiers SNPI CFE-CGC (Syndicat national des professionnels infirmiers) alerte sur la dégradation de l’offre alimentaire dans les Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). Selon l’organisation « la nutrition des seniors » résidant dans ces établissements « est trop souvent sacrifiée pour des impératifs économiques et organisationnels ». En cause des directeurs d’EHPAD davantage recrutés sur leur capacité de gestionnaire « alors que l’ambiance, la qualité des soins dépendent avant tout du facteur humain, de la capacité de la direction à insuffler une dynamique et une empathie pour les résidents ».

Dès l’organisation des salles à manger, ça pèche !

Pour le syndicat, le premier problème est que « la majorité des EHPAD imposent des places immuables » aux dépens de la convivialité qui « agit positivement sur l’envie de manger et sur le moral » comme le souligne l’organisation. Et de rappeler les recommandations, publiées en 2011 par l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM) qui conseillent de réviser « les plans de table autant que nécessaire, que l’on demande leur consentement aux convives lorsque leur environnement est modifié et que l’on prépare quelques chaises libres permettant de changer de place une personne qui le demande sans bouleverser l’équilibre des autres participants ». Sur l’organisation des salles à manger, le syndicat souligne également que « la moitié des EHPAD imposent la salle à manger commune aux personnes incapables de s’alimenter seules. L’attention qu’elles méritent est difficile à offrir dans le cadre d’un repas collectif, du coup elles risquent de ne pas se nourrir correctement ».

Quand on mange mal et trop tôt…

Le texte fustige également l’heure trop précoce des dîners, entrainant un jeûne nocturne trop long, ceci alors que les personnes âgées sont plus sujettes aux hypoglycémies. « Tous les comités d’experts recommandent qu’il ne dépasse pas douze heures, mais cette prescription est ignorée dans la majorité des EHPAD » souligne le SNPI.

La branche infirmière de la CFE-CGC pointe aussi « des plats qui n’ont rien à voir avec la tradition culinaire des générations concernées (cordons bleus, nuggets ou burgers) » et des établissements qui ne servent pas « suffisamment de plats de poisson, de viande non hachée et de desserts de fruits crus » (.…) « Mieux vaut préparer un « vrai plat », savoureux et juteux, et le mouliner par la suite que de servir des viandes déjà hachées, qui ont tendance à sécher et dont le goût n’excite guère les papilles » souligne-t-il.

Le syndicat professionnel conclut : « la question du financement est centrale pour comprendre cette maltraitance institutionnelle : prévenir la dénutrition n’est pas payant pour les maisons de retraite ; en revanche, soigner ses conséquences l’est, car les subventions sont basées sur les besoins en soins des résidents »…

Frédéric Haroche