Dans le monde

JIM - Quelle est la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde ?

il y a 3 semaines, par Info santé sécu social

Paris, le samedi 24 mars 2018 -

« Avis de recherche : chefs de file pour un monde sans tuberculose ». Le thème de cette journée mondiale de la tuberculose 2018 est clairement un appel à toute bonne volonté, à tout niveau (politique, local, communautaire, associatif) pour relancer la lutte contre une maladie toujours d’actualité.

Le 24 mars 1882, le Dr Robert Koch annonce avoir découvert le bacille responsable de la tuberculose, ouvrant la voie au traitement antibiotique. Mais presque 150 ans plus tard cette maladie infectieuse reste la plus meurtrière au monde (4500 décès par jour) car elle touche surtout les personnes qui ont le moins accès au traitement. De plus, les avancées obtenues sont menacées aujourd’hui par la montée des formes multirésistantes, face auxquelles Médecins sans frontières (MSF) considère les actions insuffisantes.

Maladie de la précarité…

La France n’est pas épargnée ; le dernier BEH* souligne l’importance des CLAT, ces centres chargés de la lutte antituberculeuse, et cite deux expériences notoires.
La première est celle de Paris où se confirme la hausse d’incidence repérée en 2016 (403 cas en 2017 contre 323 en 2015). Comme dans l’ensemble du pays, les personnes les plus touchées sont de jeunes migrants d’origine subsaharienne vivant dans des conditions précaires (la maladie survient dans les deux à cinq ans suivant leur arrivée en France). L’augmentation est logique, note le CLAT 75, puisque la capitale reçoit depuis 2014 une cinquantaine de nouveaux migrants par jour. En revanche, le nombre de tuberculoses multirésistantes a baissé parallèlement à la diminution du nombre de migrants en provenance d’Europe de l’Est.

… mais pas seulement

Le bacille de Koch peut cependant infecter tout le monde : un autre article décrit la gestion d’une épidémie qui a touché, en zone d’endémie faible (Pays basque), des sujets nés en France. En 2016, suite à la déclaration de quatre cas de tuberculose dans un lycée, le CLAT 64 et ses partenaires, mobilisés sur deux vagues de dépistage élargi, ont retrouvé neuf tuberculoses supplémentaires et 218 infections latentes. Ici, l’âge et l’environnement communautaire (internat, foyers) ont constitué les facteurs de risque. Tous les jeunes atteints étaient vaccinés : la protection par le BCG concerne surtout la méningite tuberculeuse et la tuberculose miliaire de l’enfant.

*Bulletin d’épidémiologie hebdomadaire n° 6-7 / 20 mars 2018.

Dr Blandine Esquerre