Du centre à la droite

L’express.fr : pour son premier grand meeting Macron fait du Sarkozy

il y a 3 mois, par infosecusanté

L’express.fr : pour son premier grand meeting Macron fait du Sarkozy
Le 11 Décembre 2016

par Corinne Lhaîk

Cette fois, Emmanuel Macron entre dans le dur des propositions. Pour son second meeting parisien, le président d’En marche ! a confirmé ses talents de tribun, révélés le 12 juillet à la Mutualité. Et il a commencé à dresser son programme, en particulier économique et social. De nouvelles propositions, dans d’autres domaines ( éducation, environnement, culture, défense et sécurité) sont promises d’ici à la fin de février.

Est-ce le lieu, ce Parc des expositions de la Porte de Versailles, là où le candidat Nicolas Sarkozy a prononcé un discours d’investiture remarqué le 14 janvier 2007 ? En tout cas, Emmanuel Macron s’est fait le défenseur du travail et du pouvoir d’achat. "Il faut protéger le travail et non pas protéger les Français du travail", a-t-il dit. Pour condamner la frilosité de ceux qui croient que le gâteau ne peut pas grandir et qu’il faut le partager, il se réfère au prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, récemment rencontré aux Etats-Unis.

Travail, "pouvoir d’achat" et CSG

Macron n’hésite pas à se proclamer "le candidat du travail", qui veut réconcilier le pays avec le goût du risque, retrouver la volonté d’entreprendre. Si les accents sont convaincants -l’orateur sait transporter son public- les recettes sont classiques.

Le président d’En Marche veut continuer à alléger le coût du travail pour inciter les entreprises à embaucher, mais n’annonce pas vraiment de mesures nouvelles. Il entend transformer le CICE ( un crédit d’impôt au profit des entreprises) en baisse de charges. Soit. Mais sans promettre une réduction de charges supplémentaires aux entreprises.

Macron est plus audacieux en abordant le thème du pouvoir d’achat : voilà longtemps qu’un candidat ne s’est pas risqué sur ce terrain dangereux. Les politiques ont fini par comprendre qu’ils ne disposent guère d’instruments pour agir directement sur la fiche de paie. Macron recourt à l’une des rares méthodes possibles : la suppression des cotisations sociales acquittées par les salariés. En l’occurrence sur la maladie et le chômage. Pour compenser le manque à gagner, il propose d’augmenter la CSG (sauf sur les chômeurs et les petits retraités), comme il l’a annoncé le 8 décembre au micro de Jean-Jacques Bourdin. Les salariés seront globalement gagnants, pas les retraités et Macron sait le mécontentement que cette mesure peut susciter au sein de cet électorat.

Sarkozy pour l’inspiration, Fillon comme repoussoir

Il cherche à rassurer en garantissant que l’augmentation serait limitée à 1,7 point. "Ce n’est pas énorme, dit-il, je leur demande [cet effort] pour leurs enfants et leurs petits-enfants." Et il promet qu’il n’y aura pas d’autre hausse d’impôts.

Si Nicolas Sarkozy inspire Emmanuel Macron en matière de travail et de pouvoir d’achat, François Fillon lui sert de repoussoir et de faire-valoir. Fonctionnaires, santé, le président d’En marche ! se veut un rempart face au candidat de la droite dont les propositions en ces deux domaines sont très critiquées. Il vante les qualités de la fonction publique française, veut transformer son rôle (moins de contrôles bêtes et méchants, plus de conseil). Sur l’assurance-maladie, il affirme qu’aucun soin utile ne sera déremboursé. Mais qu’est-ce qu’un soin "utile" ?

Sur l’Europe, enfin, Macron ne copie personne et se démarque de tout le monde : à deux reprises, la salle du 10 décembre, enthousiaste, se lève et applaudit avec chaleur son propos europhile, brandissant des drapeaux étoilés bleu. Pas de proposition concrète, sauf celle-ci : permettre à tout jeune de passer un semestre dans un pays européen. Mais une conviction -seule l’Europe peut nous protéger- que la salle du Parc des expositions partage avec ferveur.