L’industrie pharmaceutique

La Tribune - Sanofi arrête le développement de son vaccin anti-Zika

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

Par Jean-Yves Paillé

La Barda avait octroyé une enveloppe de 43,2 millions de dollars à Sanofi pour tester le produit thérapeutique en phase I.
Le laboratoire français explique que l’armée américaine avec laquelle il devait développer un vaccin anti-Zika a choisi de couper une partie des financements dédiés au projet, en raison de la baisse du nombre de personnes touchées par le virus.

C’est une annonce publique mais faite dans la discrétion. Dans un communiqué publié sur son site Etats-Unis, dans la partie "déclarations", Sanofi a annoncé vendredi 1er septembre stopper son programme de recherche d’un vaccin anti-Zika aux Etats-Unis, actuellement en phase I, en association avec l’armée américaine (Walter Reed Army). Le laboratoire français explique que les financements prévus et octroyés par la Barda (l’Autorité responsable de la recherche et développement avancée dans le domaine biomédical) seront en partie coupés. "Par conséquent, Sanofi n’a pas l’intention de continuer à développer ou à obtenir une licence de l’Institut de recherche Walter Reed Army pour le vaccin Zika pour le moment", ajoute le laboratoire. Le projet pourrait être relancé si "l’épidémie ré-émerge", écrit-il. Sanofi promet néanmoins de ne pas abandonner les recherches sur le virus Zika, responsable de microcéphalie chez les nouveaux-nés, mais elles auront pour objectif une meilleure "connaissance du virus" et de "l’épidémiologie". Des informations utiles si jamais le laboratoire décide de reprendre le développement d’un vaccin anti-Zika.

Le choix des institutions publiques américaines de baisser ses investissements est dû à la diminution du nombre de personnes touchées par le virus, assure le laboratoire dans le communiqué. Dans le détail, le Centers for disease and control prevention a relevé 554 cas de personnes touchées par le virus sur le territoire américain, depuis le début de l’année. Un chiffre en forte baisse comparé à 2016 (36.079 cas recensés dans l’année).

Un financement public qui faisait polémique

La Barda avait octroyé une enveloppe de 43,2 millions de dollars à Sanofi pour tester le produit en phase I. Pour aller jusqu’en phase III (dernière étape avant une commercialisation), l’aide pouvait dépasser les 100 millions d’euros. Ces financements avaient déclenché une polémique. Des élus démocrates et des ONG accusaient Sanofi de profiter des deniers du contribuable américain et de vouloir fixer son propre prix, en obtenant une licence exclusive sur le vaccin. Le laboratoire français assurait quant à lui que le prix serait fixé "afin que toutes les personnes en ayant besoin puissent y avoir accès".

D’autres vaccins en développement

Les institutions américaines n’abandonnent pas le développement d’un éventuel vaccin, puisque le National Institute for Allergy and Infectious Diseases (NIAID), un organisme américain de recherche publique, en développe un. C’est d’ailleurs le vaccin-candidat le plus avancé : il est en essais cliniques de phase II.
Par ailleurs, une douzaine d’autres sociétés et institutions développent également un produit thérapeutique de ce type en phase clinique.