La santé

La Tribune - Santé numérique : Orange peut dire merci à Marisol Touraine

il y a 3 mois, par Info santé sécu social

Par Jean-Yves Paillé

D’après Elie Lobel, directeur général d’Orange Healthcare, la filiale, qui réalise la plus grande partie son chiffre d’affaires en France, jouit d’une croissance annuelle à deux chiffres.

La réforme des Groupements hospitaliers de territoire pousse les établissements de santé à investir dans des solutions d’e-santé afin d’héberger et protéger les données des hôpitaux regroupés, et de développer des systèmes de visioconférence. De quoi favoriser le business de la filiale santé d’Orange, créée l’année dernière.

Près d’un an après la création de sa partie santé Orange Healthcare, l’opérateur en a dressé un premier bilan. Cette filiale, qui fournit notamment des solutions de connectivité et d’hébergement de données de santé, travaille entre autres avec assureurs, institutions publiques de santé, éditeurs de logiciels ou encore laboratoires pharmaceutiques. Mais lors de la conférence de presse tenue mardi 21 mars, Elie Lobel, directeur général d’Orange Healthcare, a longuement disserté sur un client : les hôpitaux publics.

Ces derniers tirent à la hausse la croissance de la filiale santé d’Orange, suite à une réforme de la ministre de la Santé, Marisol Touraine : celle des Groupements hospitaliers de territoire (GHT) Dans le cadre de la Loi santé, la ministre a annoncé début juillet la création officielle de 135 groupements hospitaliers de territoire qui regroupent 850 hôpitaux publics.

"Une accélération bienvenue dans l’e-santé"

Avec cette réforme, le ministère espère rationaliser l’organisation des soins par rapport aux demandes dans les territoires, mais aussi réaliser des économies d’échelle en mutualisant les achats et potentiellement certains services médicaux. L’objectif est d’élaborer un "projet médical partagé" et donc la mise en place d’un "système d’information convergent". Cela implique in fine une réorganisation des activités dédiées à la santé numérique. Orange se frotte les mains.

"Cette réforme est une accélération bienvenue dans l’e-santé. En octobre 2016 , Orange Healthcare a été retenu par le Resah, principale centrale d’achat des hôpitaux français, comme fournisseur exclusif de téléphonie et de connectivité, de services audio et de web conférence, de cybersécurité et d’hébergements de données de santé. Plus de 70% des hôpitaux en France utilisent aujourd’hui nos technologies", avance Elie Lobel.

Le CHU de Troyes, hôpital pivot du GHT de Champagne Sud, qui regroupe 18 établissements, a par exemple "mis en place un projet numérique mutualisé", détaille Michael de Block, directeur de l’information numérique des Hôpitaux de Sud Champagne, intervenu lors de la conférence pour vanter les mérites de l’opérateur.

"Notre groupement d’hôpitaux a installé un maillage des données de santé, des imageries médicales avec un bon débit, ainsi que des systèmes de visioconférence de haute définition pour que les professionnels de santé des différents établissements n’aient pas à se déplacer lors des réunions", ajoute-t-il.

Croissance à deux chiffres

Néanmoins, difficile de savoir à quel point les offres dédiées aux hôpitaux sont lucratives pour Orange. La filiale santé ne communique par ses résultats financiers, qui sont agrégés dans la partie Orange Business Services (6,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel).
D’après Elie Lobel, Orange Healthcare, qui réalise la plus grande partie son chiffre d’affaires en France, jouit d’une croissance annuelle "à deux chiffres", qu’il compte bien maintenir. "Orange Healthcare est un vrai relai de croissance pour la société", dit-il simplement.