Environnement et facteurs dégradant la santé

La Tribune avec AFP - Cosmétiques : 23 produits aux substances interdites dénoncés par l’UFC

il y a 4 mois, par Info santé sécu social

L’association de consommateurs identifie désormais 12 composés « préoccupants » (perturbateurs endocriniens, allergisants, irritants, etc.) dans sa liste de plus de 1.000 produits aux substances jugées indésirables. Certains d’entre eux contiennent même des substances absolument interdites dans l’Union européenne, parfois depuis plusieurs mois. L’UFC réclame leur retrait immédiat des rayons.

Ils sont 23 en tout sur une liste de plus de 1.000 produits de cosmétiques aux substances jugées « indésirables ». Vingt-trois produits à contenir des substances « rigoureusement interdites » faisant d’eux des cosmétiques « hors-la-loi » et dont l’UFC-Que Choisir a demandé le « retrait immédiat » mercredi en publiant une version actualisée de sa liste.

L’un de ces produits, un fond de teint sous forme de poudre minérale, contient ainsi de l’isobutylparaben, « un perturbateur endocrinien avéré, pourtant interdit depuis plus de 2 ans » dans l’Union européenne, s’indigne l’UFC. D’autres produits, dont un spray solaire pour enfants, un soin masculin pour les yeux et un gel coiffant pour cheveux contiennent de la méthylisothiazolinone (MIT), alors même que cet allergisant est interdit depuis février dans l’Union européenne pour des produits de ce type, non rincés.

Une présence jugée « inexcusable »

Sollicité par l’AFP, le président de la Fédération française des entreprises de la beauté (Febea), Patrick O’Quin, a également appelé les distributeurs à les « retirer immédiatement du marché, conformément à la réglementation ».

La « complexité » de certaines chaînes de distribution pourrait expliquer que certains produits non rincés contenant de la MIT soient toujours vendus, bien qu’étant interdits depuis 4 mois, selon la Febea, jugeant en revanche « inexcusable » la présence dans d’autres produits de perturbateurs endocriniens interdits depuis 2015.

Perturbateurs : l’UFC interpelle à nouveau la Commission

Lors d’un précédent pointage en février, un an après avoir initié sa liste, l’UFC-Que Choisir avait appelé les consommateurs à alimenter eux-mêmes sa base de données, qui épinglait alors 400 produits. L’association identifie désormais 12 composés « préoccupants » (perturbateurs endocriniens, allergisants, irritants, etc.), contre 11 précédemment. Elle en a profité pour exhorter une nouvelle fois la Commission européenne à « publier enfin une définition ambitieuse des perturbateurs endocriniens », en incluant également les ingrédients qui sont suspectés d’en être.

Des questions de santé publique toujours en suspens

Il y a un an, la Commission européenne avait proposé des critères de définition, plus de deux ans après la date initialement promise, suggérant qu’un perturbateur endocrinien soit défini comme une substance qui a des effets indésirables sur la santé humaine et qui agit sur le système hormonal, avec un lien prouvé entre les deux. Une définition jugée trop étroite par certains Etats membres, dont la France. Jusqu’à présent, toutes les tentatives pour parvenir à un vote des Etats de l’Union européenne sur la question ont échoué. Fin mai, le vote a de nouveau été reporté.

Une liste « positive » plutôt que celle des interdits ?

Alors que l’UFC-Que Choisir travaille à élargir sa liste de produits interdits, le magazine 60 Millions de consommateurs a, lui, opté pour l’inverse et présente dans son hors-série d’été un guide des cosmétiques « sains et sûrs ».

« Les consommateurs sont maintenant conscients des risques qu’ils peuvent prendre à utiliser ces produits, mais de plus en plus, ils réclament une liste positive, des produits sans risques pour leur santé », a expliqué à l’AFP Adeline Trégouët, rédactrice en chef déléguée du magazine.

Selon elle, cette démarche devrait inciter les fabricants à « poursuivre leurs efforts », en valorisant les « premiers de la classe », et éviter une « réaction de rejet » chez les consommateurs que provoquerait un discours trop négatif. De façon générale, la « simplicité » – un nombre réduit d’ingrédients – est « un gage de moindre risque » pour le consommateur, juge Adeline Trégouët.

« Si on diabolise trop certains produits à tort, on pousse les industriels à chercher des ingrédients de substitution, au risque que ça soit pire », prévient-elle.