L’hôpital

La dépèche : Centre hospitalier Eure-Seine : une hémorragie budgétaire sans véritable point de compression

il y a 3 semaines, par infosecusanté

Centre hospitalier Eure-Seine : une hémorragie budgétaire sans véritable point de compression

Malgré un déficit estimé entre 5 à 7 millions d’euros et un endettement de 123 millions, les responsables de l’hôpital d’Évreux gardent bon espoir en l’avenir.

Publié le 29 Jan 18 à 7:01

Laurent Charbois, le directeur général (à gauche) accompagné du Dr Abderrezak Bouasria, de Guy Lefrand et des cadres administratifs de l’établissement. (©La Dépêche)

Chaque début de nouvelle année est l’occasion de dresser un bilan de santé. Le centre hospitalier Eure-Seine a sacrifié à l’exercice à l’occasion de la traditionnelle cérémonie des voeux, mardi 23 janvier. En se penchant au chevet de ce patient, on constate que le déficit chronique n’est pas résorbé. Une hémorragie dont les différents acteurs ont pleine conscience. Pour autant et jusqu’alors, ils n’ont pas trouvé le bon point de compression. « Il est encore trop tôt pour confirmer le résultat 2017 », a lâché en termes sibyllins Laurent Charbois, le directeur général. Toutefois interrogé à ce sujet il a concédé : « le déficit devrait se situer entre 5 et 7 millions d’euros. Mais cela est compliqué à évaluer précisément dans la mesure où nous ne disposons que de données parcellaires à ce jour ». Pour rappel, le déficit était légèrement inférieur à 5 millions d’euros lors de l’exercice précédent, soit en 2016.

Des problèmes de recrutement

Laurent Charbois a posé un diagnostic relatif aux causes de « ses éléments financiers encore préoccupants ». Le directeur a mis en exergue : « en 2017 et pour la première fois depuis cinq ans, l’activité a marqué le pas, en particulier en chirurgie, mais également sur certains secteurs de médecine, comme la cardiologie et la gériatrie, faute de médecin ». Des difficultés de recrutement que le Dr Abderrezak Bouasria, président de la commission médicale d’établissement (CME) a confirmées. Toutefois le président de la CME voit un espoir en la création rapide d’une « cellule recherche », sur le centre hospitalier. Bref un facteur d’attractivité pour l’arrivée et l’installation de jeunes et ou nouveaux praticiens.

Un établissement qui investit

Ces difficultés énoncées obèrent partiellement la capacité de l’établissement à se développer et à investir. « Notre établissement continue malgré tout à investir notamment dans son plateau technique, a confirmé Laurent Charbois, le directeur général. Le montant total des investissements biomédicaux s’est ainsi élevé à 1 117 800 € en 2017. Et nous continuons aussi à investir dans notre système d’information, avec la mise en place d’outils de dématérialisation des pièces administratives ou encore l’informatisation des blocs ». La liste n’est pas exhaustive. Et en guise de conclusion, Guy Lefrand, le président du conseil de surveillance et praticien hospitalier, a scandé : « la santé c’est un investissement, avant d’être un coût ». Dont acte !

L’activité en 2017
Nombre d’entrées directes en hospitalisation : 31 192 (- 1,3 %, ou une perte de 414 entrées directes par rapport à 2016).
Nombre de passages aux urgences : 62 994 (+ 4,9 % ou un accroissement de 2 954 passages par rapport à 2016).
Nombre de naissances : 2 047 (- 5,8 % ou 127 naissances de moins que par rapport à 2016).
Nombre d’interventions au bloc : 7 143 (- 3,3 % ou 246 interventions de moins qu’en 2016).
Nombre de dialyses : 17 874 (- 0,1 % ou 19 séances de moins par rapport à 2016).
À noter enfin l’ouverture d’une unité neurovasculaire en novembre 2017, la seule en activité sur le département.