EHPAD

La nouvelle république (Loir et Cher) -Travail en Ehpad : la CGT entame une campagne

Février 2016, par Info santé sécu social

La CGT souhaite sensibiliser personnels et public dans les Ehpad du Loir-et-Cher.

Parce qu’ils regrettent la « déshumanisation » de leur travail au quotidien, parce qu’ils redoutent les conséquences de cette dernière, pour les résidants comme pour les salariés, les représentants des personnels d’Ehpad au sein de la CGT du Loir-et-Cher mènent, depuis mardi, une campagne d’information sur la situation des établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes.

L’insuffisance des effectifs est la principale difficulté mise en avant par le syndicat. Elle est, selon lui, la cause d’une « maltraitance institutionnelle » des personnes âgées prises en charge : « Le personnel doit travailler toujours plus vite. Il n’est plus dans ce qu’il fait, mais il se trouve pris dans une course au chronomètre. » « Nous sommes quatre, et nous devons faire manger dix-huit résidants en une heure, témoigne une aide-soignante d’un Ehpad blésois (*). Pour la toilette, nous ne disposons que de sept minutes. »

Le personnel lui-même souffre de la situation, affirme la CGT. Estimant s’éloigner de leur « cœur de métier », de son volet humain, une partie des salariés se sentiraient à la fois « coupables » envers les personnes âgées, épuisés par de grandes amplitudes horaires, fatigués d’être « rappelés sur leurs congés » en raison de « taux d’absentéisme importants ».

Sébastien Boulanger, secrétaire général de la CGT santé et action sociale 41, attribue la dégradation des conditions de travail dans les Ehpad à des « choix politiques », notamment, qui impliqueraient une recherche permanente de « réduction des coûts ». « Ces temps-ci, l’hospitalisation à domicile se développe beaucoup, ajoute Régis Barboux, secrétaire général CGT à l’hôpital de Saint-Aignan. Les personnes prises en charge de cette manière arrivent donc en Ehpad dans un état de dépendance encore plus avancé… » Or, les besoins de prise en charge sont, selon le syndicat, « sous-évalués », et les degrés de dépendance des résidants ne sont « pas suffisamment réactualisés ».

Présidente de l’association Bien vieillir ensemble 41, Martine Serreau indique que son collectif, antenne départementale de la Fédération nationale des associations de personnes âgées en établissements et de leurs familles (Fnapaef), « stimule les personnels » d’Ehpad, les encourage « à agir ». « Il est certains qu’ils rencontrent beaucoup de difficultés à se faire entendre », déclare Mme Serreau.

L’opération de sensibilisation de la CGT se déroulera, tour à tour, dans les Ehpad et sur les marchés du département, jusqu’au 29 février. A cette date, est prévue une journée d’action régionale, à l’occasion de la Conférence de santé et de l’autonomie qui se déroulera à Orléans.

(*) Des personnels d’établissements du centre hospitalier de Blois sont en grève, depuis plus de trois mois.