L’industrie pharmaceutique

La tribune - Sanofi obtient le feu vert pour un médicament potentiellement très lucratif

29 mars, par Info santé sécu social

JED – 23 à 28% de conjonctivites allergiques. Allez, on fonce ! Du moment que les actionnaires sont contents. 37 000 $ par an par patient pour un grand nombre de malades , ça vaut le coup. D’autant que les USA montrent la voie pour le monde entier.

L’Agence américaine des médicaments a donné le feu vert à Sanofi, mardi 28 mars, pour qu’il puisse commercialiser le dupilumab aux États-Unis. Les analystes estiment que cette molécule contre l’eczéma pourrait générer plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Après une année 2016 oscillant entre déboires et résultats meilleurs que prévus, Sanofi a reçu une bonne nouvelle venant d’outre-Atlantique. Mardi 28 mars, le géant pharmaceutique français a obtenu une autorisation de la FDA (l’Agence américaine des médicaments) pour commercialiser aux Etats-Unis le dupilumab, un traitement contre la dermatite atopique (la forme d’eczéma la plus répandue) modérée à sévère. Le prix du traitement est fixé à 37.000 dollars par an, précise Sanofi.

Ce produit injectable « cible les protéines immunitaires qui entrainent le processus inflammatoire à l’origine de la pathologie », expliquait Gianluca Pirozzi, chef de projet développement clinique monde pour le dupilumab, lors d’une conférence organisée par Sanofi à la mi-mars.

« Les études montrent des réductions importantes du prurit (des démangeaisons, NDLR) et des lésions cutanées. Chez certains patients, dont le corps était quasiment recouvert d’eczéma, celles-ci se sont retrouvées très fortement réduites en quelques mois », assure-t-il.

Sanofi promet des effets secondaires réduits, excepté 23 à 28% de conjonctivites allergiques, selon les résultats d’un essai de phase III publié en juin 2016.

D’autres indications possibles

Le groupe pharmaceutique, qui développe cette molécule avec Regeneron avait obtenu un « fast track » de la FDA le 26 septembre, c’est-à-dire un statut de procédure de accélérée. Cela permet potentiellement à un médicament en fin de phase III de pouvoir être commercialisé au bout de 7-8 mois, au lieu d’un an, montrant l’intérêt particulier des autorités de santé pour ce produit thérapeutique.

Pour le géant pharmaceutique français, en décroissance dans le diabète, et en échec dans ses dernières tentatives d’acquisitions, ce médicament représente un important potentiel relai de croissance. Le dupilumab pourrait atteindre un pic de ventes en 2021, et générer 3,6 milliards de dollars de revenus (2,9 millions d’euros), selon un consensus d’analystes, rapporte la publication spécialisée Fierce Pharma. Pour les estimations hautes, le cabinet Leerink’s estime quant à lui que la molécule pourrait atteindre jusqu’à 5 milliards de dollars de revenus cette année-là. Cela fait un moment que Sanofi n’a pas lancé un médicament avec un tel potentiel sur le marché.

Mais pour atteindre de telles sommes, il faudra certainement que Sanofi fasse valider aux autorités de santé d’autres indications : dans l’asthme (la phase III est en cours) et la polypose naso-sinusienne, une forme de sinusite chronique.