Environnement et facteurs dégradant la santé

Le Figaro - Les dommages de la pollution de l’air sur la santé

il y a 3 mois, par Info santé sécu social

Que ce soit en période de pic de pollution ou avec la pollution de fond, les risques des microparticules sur la santé sont principalement respiratoires et cardio-vasculaires.

Les risques respiratoires

Si chez l’adulte en bonne santé, la pollution aux microparticules (inférieures à 2,5 microns, appelées PM2,5) provoque seulement une gêne passagère (toux, yeux qui piquent...), c’est un facteur aggravant chez les personnes souffrant d’une maladie respiratoire comme une broncho-pneumopathie chronique ou de l’asthme, ainsi que chez les enfants (dont les poumons sont encore immatures) et les personnes âgées ( qui ont une capacité ventilatoire diminuée). Certaines professions (chauffeurs routiers, employés de péage, mineurs de charbon) sont également surexposées.

Les microparticules - contrairement aux particules qui peuvent être évacuées par le mucus - rentrent loin dans les bronches et descendent jusqu’aux alvéoles pulmonaires. Elles s’y sédimentent et l’organisme ne sait plus quoi en faire, ce qui crée une inflammation. Les bronches s’épaississent alors et sécrètent des glaires qui rendent difficile la circulation de l’air et provoquent l’essoufflement.

Les particules fines ( classées dans la catégorie des « cancérogènes probables » Groupe 2A) ont été reconnues responsables de cancers du poumon par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2012. Des études menées en France (comme l’étude Pollux) et dans le monde montrent que la pollution altère les échanges respiratoires au niveau des poumons et nécessite un plus grand travail du coeur.

Les risques cardio-vasculaires

Il existe également des risques cardio-vasculaires (angine de poitrine, infarctus, troubles du rythme cardiaque). Soit parce que, agressés par les microparticules, les poumons libèrent des protéines inflammatoires qui passent dans la circulation sanguine et peuvent déclencher des accidents cardio-vasculaires chez des personnes à risque. Soit parce que les particules les plus fines peuvent traverser la paroi des bronches et se retrouver dans la circulation sanguine. Cela épaissit le sang, qui a alors plus de risques de coaguler.

Des risques pour les femmes enceintes

Des études épidémiologiques ont montré que les femmes exposées durant leur grossesse à des niveaux élevés de pollution ont tendance à avoir des enfants plus petits.

Des risques pour le cerveau

La pollution est soupçonnée d’avoir des conséquences sur le cerveau et de favoriser l’apparition de maladies neurodégénératives (Parkinson et Alzheimer), selon des études menées principalement à Mexico. Mais la preuve de cette hypothèse (des particules de taille nanométriques seraient captées par le nerf olfactif et transportées jusqu’au cerveau) reste à faire.

Selon Santé Publique France, les polluants atmosphériques causent chaque année 48.000 morts prématurées.