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Le Figaro.fr ; Impôts, retraites, emploi... Ce que propose Alain Juppé pour 2017

il y a 4 mois, par infosecusanté

Impôts, retraites, emploi... Ce que propose Alain Juppé pour 2017
Par Marie Théobald
Mis à jour le 11/05/2016

Le titre de son livre Cinq ans pour l’emploi, publié ce mercredi 11 mai, résume la tonalité des propositions économiques qu’Alain Juppé, candidat à la primaire Les Républicains, est venu présenté, mardi 10 mai, dans un amphi du Palais des Congrès de Paris. L’économiste Alain Minc ou encore Jean-François Cirelli, ancien PDG de Gaz de France étaient présents.

Premier objectif, donc, le plein emploi. Pour y parvenir, il propose de baisser la fiscalité des entreprises et réduire les charges. Important aussi, la réduction de 85 à 100 milliards d’euros des dépenses publiques. Ces économies seront principalement ciblées sur les retraites avec un âge légal de départ relevé à 65 ans qui permettra d’économiser 30 milliards d’euros une fois la réforme achevée. Revue de détails.

• Emploi

« La priorité absolue, c’est l’emploi ». L’ancien Premier ministre vise le plein-emploi sur cinq ans, ce qui revient à un taux de chômage de 5%, selon l’OIT. Le but est affiché : lever les freins à l’embauche. La méthode ? Un « CDI sécurisé avec des motifs de licenciement prédéfinis dans le contrat de travail », le plafonnement des indemnités prud’homales, le référendum d’entreprise à l’initiative de l’employeur, la sortie des 35 heures qui, au même titre que les emplois aidés « reposent sur des principes erronés », explique le maire de Bordeaux dans Les Echos.

Pour parvenir au plein emploi, il a bâti un projet fiscal et un plan pour encourager les entreprises à embaucher.

• Baisse de charges pour les entreprises

Alain Juppé veut faire baisser les charges des entreprises. « Le crédit d’impôt compétitivité emploi devra être transformé dès 2018 en une baisse de charges pérenne, permettant d’annuler toutes les charges patronales au niveau du SMIC, soit 11 points de moins que dans la situation actuelle », assure Alain Juppé dans Les Echos. Il fera baisser, s’il est élu, le taux d’impôt sur les sociétés à 30% d’ici à 2022. « On ne va pas rester à 38% quand la moyenne européenne se situe à 22% », détaille-t-il. Côté cotisations famille à la charge des entreprises, une grande partie sera supprimée à hauteur de 10 milliards d’euros afin d’alléger le coût du travail

• ISF

Bien qu’il sache que cette mesure est impopulaire, Alain Juppé le promet : « J’abrogerai l’ISF, un impôt injuste, qui fait fuir l’argent des Français et les incite à investir ailleurs ». Il réduira la taxation des revenus du capital via un prélèvement forfaitaire proche de 20%. Aujourd’hui, les revenus du capital sont en effet, plus taxés que ceux du travail.

• Retraites

L’âge de départ à la retraite sera relevé à 65 ans et les retraites seront alignées dans le public et le privé. Tout fonctionnaire embauché à partir de 2018 sera rattaché aux régimes de retraites du privé. « Concrètement, l’âge serait remonté de quatre mois par an à partir de début 2018 », peut-on lire dans Les Echos. Selon Alain Juppé, « il en résultera 20 milliards d’économies dès 2022 et 30 milliards une fois la réforme achevée ».

Et ce n’est pas parce qu’on augmente l’âge de départ à la retraite et que les actifs seront plus nombreux sur le marché du travail que le chômage augmentera. « Je m’inscris en faux contre toute idée de corrélation entre l’âge de départ en retraite et le taux de chômage. Les pays où l’âge de départ à la retraite est élevé ne sont pas les pays où le chômage, y compris celui des seniors, est élevé », avertit-il.

• Familles

Pour les familles qui ont subi de plein fouet la politique nocive de François Hollande, Alain Juppé prévoit « une hausse significative du plafond du quotient familial, à 2500 euros par demi-part ». Pour les particuliers employeurs, les cotisations seront aussi réduites (tout comme pour les travailleurs indépendants).

• Fonction publique

Le nombre de fonctionnaires diminuera de 250.000 à 300.000. Ils sont presque 6 millions aujourd’hui. Ces baisses d’effectifs seront compensées par l’augmentation du temps de travail. Les secteurs épargnés par ces réductions d’effectif ? L’Education, la Police, la Justice et la Défense. Pour autant, Alain Juppé n’est pas persuadé de la nécessité d’une réforme du statut de la fonction publique.

• Protection sociale

Si les partenaires sociaux ne parviennent pas à réaliser les économies nécessaires pour combler le déficit de l’assurance-chômage (4 milliards par an), Alain Juppé imposera la dégressivité des allocations-chômage. Quant à la santé, il publiera ses propositions dans un cahier spécial. Parmi elles, le développement des soins ambulatoires.

Côté RSA, l’ancien Premier ministre veut interdire le versement de la prestation à ceux qui refuseraient une proposition d’embauche ou de formation. Il exclut aussi l’idée des travaux d’intérêt généraux qui nécessiteraient, selon lui, 200.000 fonctionnaires pour les encadrer. Il prône le plafonnement de toutes les aides sociales.

Enfin, l’aide médicale d’Etat des étrangers sans papier (AME), coûte aujourd’hui 800 millions d’euros. « Il est normal de soigner un accidenté ou en urgence, pas tous ceux qui viennent en France uniquement parce que c’est gratuit. Il faut lutter contre ces abus », lance-t-il, toujours dans Les Echos.

• Finances publiques

Alain Juppé prévoit 85 milliards d’euros d’économies. En premier lieu, ces économies permettront de financer 28 milliards de baisses d’impôts (notamment pour les sociétés, lire ci-dessus). Alain Juppé veut aussi en finir avec les budgets systématiquement déficitaires. Il souhaite que le projet de loi de financement de la Sécu, par exemple, soit présenté chaque année en excédent ou à l’équilibre. Côté collectivités locales, l’’Etat « maintiendra les dotations pour les collectivités qui réaliseront des économies et réduira celles des collectivités qui ne feront pas cet effort... »

Alain Juppé pourrait également retirer à l’Etat certaines missions. Par exemple ? « L’examen du permis de conduire et la gestion de la délivrance des permis eux-mêmes qui occupent environ 4000 agents ». Il pense aussi supprimer des organismes, fusionner des missions ou encore en externaliser.

• Tafta

L’Europe doit savoir dire non au Traité transatlantique si c’est nécessaire, tranche Alain Juppé.

• Nucléaire

Le nucléaire a pris une place importante dans la politique énergétique française « qui n’est pas appelée à diminuer à brève échéance », affirme Alain Juppé tout en insistant sur l’intransigeance à avoir au niveau de la sécurité des installation. Cette vision ne l’empêchera pas de développer des énergies renouvelables et améliorer l’efficacité énergétique. Il souhaite développer une stratégie globale de transition énergétique qui manque cruellement aujourd’hui à ses yeux.

• Croissance

Selon Alain Juppé, la France peut espérer une croissance autour de 2%. Pas plus car, selon lui, les pays matures ne pourront plus retrouver les rythmes de 2,5%-3%. Plus loin qu’un chiffre, Alain Juppé détaille la nature de cette croissance « COP21 compatible », « sobre en ressources rares », « fondée sur le recyclage » et non le gaspillage, « irriguée par les technologies numériques ».

• L’Etat actionnaire

Alain Juppé, partisan de la cession par l’Etat de ses participations au capital des entreprises publiques estime que « l’Etat n’est pas un bon actionnaire et il n’a pas vocation à diriger des entreprises ».