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Le Figaro.fr : La ministre de la Santé promet finalement un tiers payant « généralisable courant 2018 »

il y a 3 semaines, par infosecusanté

La ministre de la Santé promet finalement un tiers payant « généralisable courant 2018 »

Par Emmanuelle OESTERLE ,

le 31/08/2017

Le tiers payant ne devrait finalement pas être obligatoire. Après avoir assuré début juillet que le tiers payant serait « généralisé », Agnès Buzyn est revenue ce jeudi sur cette annonce, affirmant qu’il serait en fait « généralisable ».

Nouvelle volte-face pour Agnès Buzyn. La ministre de la Santé a promis ce jeudi que le tiers payant serait « généralisable », c’est-à-dire facultatif, dès qu’« il fonctionnera » techniquement, en posant l’objectif d’y arriver « dans le courant de l’année 2018 ». Le tiers payant généralisé, mis en place par la loi Santé promulguée en janvier 2016, consiste à dispenser les patients d’avancer la part remboursée par la Sécurité sociale, chez les médecins généralistes et spécialistes. La mesure devait être généralisée en novembre 2017 à tous les patients. Le Conseil constitutionnel avait néanmoins retoqué une partie de la proposition, et laissé les médecins libres de refuser d’avancer le paiement du « ticket modérateur », la partie de la consultation à la charge du patient ou de sa mutuelle.

Début juillet, Agnès Buzyn avait toutefois annoncé vouloir « éviter l’obligation de tiers payant généralisé ». « J’ai horreur des obligations », avait affirmé la ministre, confirmant ainsi l’engagement pris par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Une semaine plus tard, elle avait fait volte-face, en assurant que le tiers payant serait finalement généralisé et donc obligatoire : « Il sera généralisé, c’est vraiment une question d’équité et d’accès aux soins puisque beaucoup de Français renoncent à aller se faire soigner parce qu’ils ne veulent pas avancer l’argent chez un médecin, c’est donc impératif d’aller vers un tiers payant généralisé », avait-elle déclaré sur France Inter.

Mais invitée sur CNews ce jeudi, la ministre a de nouveau modifié sa position. Elle a en effet déclaré que le tiers payant, fortement combattu par les médecins libéraux, avait « vocation à être généralisable ». « Le mot, c’est généralisable », a-t-elle insisté. Le tiers-payant « ne sera pas enterré ». « Il va se développer, dès qu’il fonctionnera. Aujourd’hui il y a une étude en cours (de l’Igas) pour voir comment, en pratique, nous pouvons faire fonctionner cet outil qui ne fonctionne pas », mais il sera mis en oeuvre « dans le courant de l’année 2018 », a-t-elle assuré. « Il faut que ce soit un système gagnant-gagnant », pour les assurés et les médecins, a développé Agnès Buzyn. « Il n’est pas possible que 15% des Français qui sont en-dessous du seuil de pauvreté renoncent à se faire soigner » et « nous ne pouvons pas demander aux médecins (...) de s’inscrire dans un dispositif où ils passent une journée par semaine à faire des papiers ».

La profession salue le maintien du caractère facultatif

La généralisation du tiers payant est un sujet sensible auprès des médecins, qui dénoncent une nouvelle charge de travail administratif. Ils doivent en effet demander eux-mêmes le paiement de la consultation à l’assurance-maladie et trier les flux des paiements (Sécurité sociale, complémentaires, patients payant directement...). Les médecins redoutent également qu’une généralisation multiplie les visites inutiles.

L’annonce d’un tiers payant « généralisable » a donc été saluée par la profession. Dans un communiqué, la Confédération des Syndicats Médicaux Français, premier syndicat des médecins libéraux, « salue la clarification de la position » de la ministre. Elle rappelle être attachée « à un tiers payant possible et facile, mais non obligatoire ». Le président de la Fédération des Médecins de France, Jean-Paul Hamon, reste quant à lui prudent : « nous prévenons le gouvernement qu’un tiers payant obligatoire donc systématique constituerait une déclaration de guerre car imposant aux médecins, et donc aux patients, une réduction considérable du temps médical », déclare-t-il dans un communiqué.