Le droit à la santé et à la vie

Le Généraliste - Colère des allergos après le déremboursement de la désensibilisation

il y a 1 semaine, par Info santé sécu social

Nicolas Evrard | 29.03.2018

La décision du Collège de la Haute Autorité de Santé de ne plus rembourser la désensibilisation par APSI (Allergènes Préparés Spécialement pour un Individu) injectables et de limiter à 15% la prise en charge des APSI par voie sublinguale, provoque la colère des allergologues.

« Nous regrettons d’autant plus cette décision qu’elle ne tient visiblement pas compte de l’avis des associations de patients pourtant très mobilisés en faveur de la défense de l’accès aux soins pour les patients allergiques », indique en particulier, la Fédération Française d’Allergologie (FFAL) dans un communiqué.

Un alignement des taux de remboursement

La HAS a effectué cette recommandation en prenant en compte les taux de remboursement des autres médicaments d’immunothérapie allergénique (ITA) à savoir l’Acarizax® (non remboursé), le Grazax® et l’Oralair® (remboursés à 15 %) qui sont composés d’extraits allergéniques déterminés. Les APSI qui étaient jusqu’à cet avis du Collège de la HAS, remboursés à 65 % sont des médicaments spécialement préparés pour un patient, selon les indications de l’allergologue. Deux laboratoires (ALK et Stallergènes) produisent ces médicaments sur mesure.

Une décision redoutée

En février dernier, alors que le collège de la HAS travaillait sur ce sujet, Le Généraliste avait interviewé la Pr Philippe Bonniaud, Chef du service de pneumologie et soins intensifs respiratoires au CHU de Dijon, vice-président de la Société française d’allergologie, qui déclarait : « La Haute autorité n’a pas pris en compte les dernières méta-analyses de l’European Academy of Allergy and Clinical Immunology ni l’étude européenne GAP, portant sur plus de 800 enfants traités par immunothérapie allergénique et montrant un effet positif sur la rhinite allergique, mais aussi sur la prévention de l’asthme. Au final, le déremboursement des Apsi est très discutable, car il favoriserait les corticoïdes inhalés qui ne sont pas sans effet secondaire. »