Le droit à la santé

Le Généraliste - Opposés à la vaccination de masse, les Prs Montagnier et Joyeux recommandent le « cas par cas »

il y a 1 semaine, par Info santé sécu social

Stephane Lancelot | 07.11.2017

Un Nobel de Médecine contre l’obligation vaccinale ! Le Pr Luc Montagnier, lauréat du prix en 1983 pour avoir découvert le VIH, accompagnait lors d’une conférence de presse dans un théâtre parisien ce mardi le Pr Henri Joyeux, chirurgien cancérologue à Montpellier. Radié par l’Ordre en 2016, ce dernier a fait appel de cette décision, suspendant cette radiation.

Devant « l’urgence de la situation » – l’obligation vaccinale des enfants de moins de deux ans à laquelle ils sont opposés entrant en vigueur au 1er janvier 2018 – les deux hommes avaient convoqué scientifiques, médecins, journalistes et simples citoyens afin de leur faire entendre un « autre discours » : comprendre un discours non influencé par les laboratoires pharmaceutiques, selon eux.

Pendant deux heures, sans réelle contradiction, les deux professeurs ont exposé les raisons pour lesquelles ils étaient défavorables à l’obligation vaccinale, tout en prenant soin de préciser ne pas être opposés à la vaccination en elle-même – un exercice d’équilibriste. « C’est la vaccination en masse qui est en cause », a insisté le Pr Montagnier, qui est finalement peu intervenu. L’argumentation des deux scientifiques repose principalement sur des études ou des cas à l’étranger prouvant selon eux la nocivité de l’adjuvant aluminium ainsi que la relation entre vaccination et des cas de mort subite chez des nourrissons.

Vacciner au cas par cas

Accusant le Conseil de l’Ordre d’être « à genoux devant l’État » et les experts du ministère de la Santé d’être « très proches » des laboratoires, Henri Joyeux a comparé la lutte des opposants à l’obligation vaccinale à celle des scientifiques contre Monsanto. « Le Pr Montagnier a proposé un article au "Monde" mais il n’est jamais paru », a-t-il poursuivi, en référence à une enquête sur les moyens utilisés par Monsanto pour faire disparaître les études compromettantes concernant le glyphosate, publiée par le quotidien. Résigné, le Pr Joyeux ne se fait pas d’illusion sur l’issue des débats parlementaires et l’adoption définitive de la loi qui rendra définitive l’obligation vaccinale. « Mais ce n’est pas car la loi passera qu’on arrivera à une obligation absolue », veut-il croire.

Quelle est donc la solution ? Selon Henri Joyeux, il est temps de « remettre à sa place le médecin dans sa relation intime avec les parents ». Pour cela, la vaccination de l’enfant doit selon lui se faire au cas par cas, après examen. Dans le cas d’enfants touchés par certaines allergies, Henri Joyeux recommande de ne pas vacciner. Idem pour les enfants nourris au lait maternel qui seraient, selon lui, protégés jusqu’à six mois après la fin de l’allaitement.