Luttes et mobilisations

Le Généraliste - Pourquoi les hospitaliers seront en grève mardi

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

Ce sera une première depuis 10 ans : les 5,4 millions d’agents de la fonction publique sont appelés par tous leurs syndicats à faire grève mardi. L’appel unitaire à la grève lancé par tous les syndicats de fonctionnaires va se traduire par des services publics au ralenti ou carrément à l’arrêt, avec écoles, crèches, bibliothèques ou gymnases impactés, en plus de perturbations dans les transports, hôpitaux ou services postaux.

Dans le secteur santé, pour la première fois depuis la loi Bachelot de 2009, une dizaine de syndicats de praticiens hospitaliers (PH) se sont joints à l’appel de la fonction publique. Médecins, pharmaciens et dentistes sont invités à faire grève avec les personnels paramédicaux (aide-soignants, infirmiers, etc.) pour dénoncer en chœur la dégradation de leurs conditions de travail et "l’étranglement financier" de l’hôpital.

Les PH sont en effet concernés par le gel du point d’indice ou le rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt maladie. Ils s’élèvent plus généralement contre la baisse de leur pouvoir d’achat. Dans les syndicats de PH, on s’inquiète aussi de l’augmentation de la CSG de 1,7 %, en l’absence pour l’heure de compensation annoncée. Et les PH feront grève aussi pour le rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt de maladie.

Certains motifs de mécontentement sont plus spécifiques aux praticiens hospitaliers. A propos, par exemple des cotisations IRCANTEC, qui ne sont plus perçues sur le paiement des jours épargnés sur le compte épargne-temps. Cela pénalise la retraite future de ceux qui ne prennent pas toutes leurs congés ou toutes leur RTT.

Au-delà, les deux intersyndicales, Avenir Hospitalier et la CPH protestent contre les contraintes budgétaires qui "pèsent sur les établissements publics de santé entravent les recrutements et l’attractivité des carrières hospitalières des personnels médicaux et non médicaux, et pèsent sur la qualité des soins". La grève de mardi a pour but de demander l’ouverture de négociations sur ces points.

Dans les organisations de personnel hospitalier, le gel du point d’indice est un casus belli majeur. La CFDT Santé Sociaux revendique ainsi une augmentation : " En 2017 nous estimions à 3 % le rattrapage nécessaire au pouvoir d’achat. Les 1.2 % accordés en deux fois : 0.6 % en 2016 et 0.6 % en 2017 après 7 ans de gel du point d’indice ne sont pas suffisants," explique-t-on au syndicat.

Les syndicats de soignants se retrouvent pour dénoncer aussi les manques d’effectifs au lit du patient, mais aussi le rétablissement du jour de carence en cas de maladie qui touche aussi la fonction publique hospitalière. Le flou sur les mesures de compensation de la hausse de la CSG inquiète aussi.

Ces revendications sont aussi mises en avant par la CGT-Santé. Même si celle-ci va plus loin, réclamant "une loi d’organisation du système de santé qui abroge les lois HPST et de Modernisation du système de santé et l’arrêt de la mise en place des GHT".