Environnement et facteurs dégradant la santé

Le Monde avec AFP - « 60 millions de consommateurs » épingle une quarantaine de produits d’entretien

9 mars, par Info santé sécu social

Sprays assainissants, désodorisants, anti-acariens : une étude dévoilée par le magazine met en garde contre une « pollution majeure de l’air intérieur ».

LOIC VENANCE / AFP

Sprays assainissants, produits désodorisants, antiacariens ou désinfectants… Le magazine 60 millions de consommateurs de l’UFC-Que choisir met en garde dans une étude dévoilée jeudi 9 mars contre une quarantaine de produits d’entretien ménager sources d’une « pollution majeure de l’air intérieur ».

Dans son numéro hors-série d’avril-mai 2017, le magazine dresse ainsi la liste de dix sprays assainissants, douze produits désodorisants, douze antiacariens et douze désinfectants. Des produits à « éliminer », selon l’association de consommateurs car « loin d’assainir la maison », ils cumulent « des substances allergènes, irritantes, voire toxiques ».

« Notre secteur est très réglementé », se défend auprès de l’Agence France-Presse (AFP) l’Afise, une association qui fédère les industries de la détergence, de l’entretien et des produits d’hygiène industrielle. D’après sa déléguée générale, Valérie Lucas, « tout est fait pour que nos produits (…) soient de plus en plus respectueux de l’environnement et de la santé ».

« Les ingrédients qui entrent dans la composition des produits sont rigoureusement sélectionnés et testés avant d’être mis sur le marché. »

Outre la composition des produits, l’étude pointe du doigt les informations mentionnées sur les emballages. Seul un des biens testés a un étiquetage satisfaisant, « les autres omettent de mettre en garde les consommateurs ».

Ainsi, concernant plus particulièrement les traitements antiacariens, les clients ignorent souvent que les substances utilisées « sont en réalité des pesticides », interdits en usage agricole, même lorsqu’ils sont d’origine naturelle, affirme l’étude. « Et même à des doses plus faibles, ces produits sont dangereux. » Ils représentent « d’ailleurs une menace mortelle pour les chats ».

Pour Valérie Lucas, 60 millions de consommateurs fait « une confusion » entre les substances employées dans l’agriculture et celles destinées au grand public. « Les dosages et les conditions d’utilisation sont différents », fait-elle valoir, ajoutant que « les fabricants développent des produits sûrs pour un usage précis ».

« Les deux tiers des marques trichent »

Le magazine dénonce par ailleurs le discours des fabricants autour du naturel, soulignant par exemple que « malgré leurs allégations “100 % bio”, “100 % naturel”, les sprays assainissants aux huiles essentielles contiennent des substances allergènes, irritantes voire toxiques ». Et l’association de dénoncer pour ce type de produits un étiquetage « tout simplement inacceptable ».

« Les deux tiers des marques trichent et font rétrécir les pictogrammes de danger, sans doute pour ne pas effrayer le consommateur. »

De la même manière, les liquides vaisselle au bicarbonate, les lessives au savon noir, les dégraissants au savon de Marseille ou encore les nettoyants au savon d’Alep, contiennent « des ingrédients dits “naturels” » qui sont en fait « incorporés en quantité dérisoire », déplore l’étude.

Le magazine recommande à « l’ensemble des fabricants qu [’il a] épinglés de revoir de fond en comble leurs étiquettes », et appelle « les consommateurs à limiter le recours à l’arsenal dont les industriels voudraient les équiper ».