Le chômage

Le Parisien - Les seniors et les précaires moins indemnisés à partir de mercredi

il y a 2 semaines, par Info santé sécu social

Assurance chômage La nouvelle convention, signée sous François Hollande, entre en vigueur le 1er novembre. Elle durcit notamment les conditions pour les chômeurs de 50 à 55 ans.

lundi 30 octobre 2017

Les dés ont été jetés avant les élections quand François Hollande était encore président de la République, mais le changement des nouvelles règles d’indemnisation pour les chômeurs, c’est maintenant.
A partir du 1 er novembre, les seniors et les précaires vont se voir appliquer un nouveau tour de vis. Des efforts substantiels inscrits dans la convention d’assurance chômage validée par l’Etat en avril dernier, qui visent à renflouer les caisses du régime Unedic (chargé de gérer et verser l’argent destiné à l’indemnisation) dont le déficit devrait atteindre 3,8 Mds€ en 2017 et la dette 37, 1 Mds€ fin 2018.

Ce plan de mesures signé par tous les syndicats, sauf la CGT, permettra d’économiser 550 M€ en 2018, selon l’Unédic, et 930 M€ par an en rythme de croisière. Voici les gagnants et les perdants de la réforme.

Les perdants

Les chômeurs de 50 ans à 55 ans. Apartir de mercredi, les nouveaux chômeurs de 50 ans ou plus à la date de fin de leur contrat de travail ne seront plus logés à la même enseigne. Jusqu’à présent, tous bénéficient d’une durée d’indemnisation maximale de trente-six mois. Dans deux jours, les demandeurs d’emploi âgés de 50 à 52 ans (au dernier jour de leur contrat) n’auront droit qu’à deux ans d’indemnités. Ceux qui perdront leur emploi entre 53 et 54 ans seront couverts pendant trente mois. Ils pourront néanmoins gagner six mois de plus s’ils acceptent une formation pendant la période. Seuls les chômeurs âgés de 55 ans et plus continueront de bénéficier d’un droit de trois ans d’indemnisation. Selon les calculs, ces modifications vont faire 37 000 perdants par an parmi les plus de 50-52 ans. « Ce décalage correspond à la réalité du fait du recul de l’âge de la retraite. On ne peut pas faire croire aux gens qui se retrouvent au chômage à 51, 52 ou 53 ans qu’ils pourront attendre jusqu’à la retraite », explique Véronique Descacq, numéro deux de la CFDT.

Pour mieux faire passer la pilule, il est prévu d’encourager les seniors âgés de 50 à 55 ans à se former en donnant un abondement sur leur compte personnel de formation (CPF) pouvant aller jusqu’à 500 heures. Les précaires. Actuellement le système favorise les personnes qui cumulent plusieurs contrats courts, en particulier lorsqu’ils durent moins d’une semaine.
Explication : la formule de calcul pour établir le montant de l’indemnité chômage prend en compte les jours fériés et les week-ends. Selon un exemple donné par l’Unédic, l’allocation journalière d’une personne ayant perçu 6 000 € via un CDD de dix-huit semaines sera de 31 € brut.
Alors que celle d’une personne payée pareil pour la même durée, mais via 18 contrats de cinq jours, sera de 38,69 €. Soit cette différence de 25 %. La nouvelle règle ne retiendra plus que le nombre de jours effectivement travaillés. Selon l’Unédic, l’équivalent de 810 000 personnes par an (21% des allocataires) parmi celles ayant des contrats très courts pourraient subir une baisse de leur revenu, allant de 1 % à 30 %.

Les gagnants

Les cadres. Au moment de la rupture du contrat de travail, les salariés quiperçoivent des indemnités supérieures au minimum légal — le plus souvent des cadres — doivent attendre un certain nombre de jours avant de pouvoir toucher leurs allocations chômage. On appelle cela le délai de carence. A compter du 1 er novembre, les personnes licenciées qui perçoivent ces indemnités dites « supralégales » dépassant 13 500 € vont bénéficier d’un différé d’indemnisation ramené de 180 à 150 jours maximum.
Concernant les licenciements économiques, le différé maximum ne change pas, il reste à 75 jours. Au total, 30 000 personnes devraient y gagner.