Luttes et mobilisations

Le Quotidien du médecin - Des centaines d’hospitaliers « en souffrance » dans la rue pour défendre le service public

il y a 1 semaine, par Info santé sécu social

Marie Foult
| 10.10.2017

« Hôpital en état d’urgence », « le malade n’est pas une marchandise », ou encore « S comme service P comme public, le service public c’est pour les usagers pas pour les rentiers ». C’est avec ces slogans, scandés, affichés sur des banderoles ou sur leurs blouses blanches, que plusieurs centaines d’hospitaliers (infirmiers, médecins, aides-soignants) ont défilé dans les rues de la capitale et en région, au milieu d’autres agents de la fonction publique (État, collectivités). Selon la CGT, 45 000 personnes étaient présentes à Paris – 26 000 selon la police.
Tous manifestaient pour protester contre les « attaques » du gouvernement telles que le rétablissement du jour de carence dans la loi de finances 2018, la suppression de 120 000 postes d’ici à la fin du quinquennat ou le gel des rémunérations.

À Paris, les hospitaliers ont défilé à partir de 14 h 30 sous les bannières des différentes fédérations syndicales de la fonction publique, réunies cet après-midi (dont la CGT, FO, SUD – Solidaires et la CFDT pour la santé et le social) dans le cortège qui allait de la place de la République à celle de la Nation.

5 % de grévistes à l’AP – HP

Plusieurs syndicats de médecins hospitaliers avaient appelé la semaine dernière à rejoindre le mouvement de grève. Le SNPHAR-E, le syndicat des anesthésistes réanimateurs hospitaliers, avait déposé un préavis de grève « face à la baisse du pouvoir d’achat des praticiens hospitaliers », la suppression des cotisations IRCANTEC sur les jours de compte épargne-temps. Le SYNGOF avait invité les gynécologues obstétriciens hospitaliers à se joindre au mouvement.

Les deux centrales Avenir hospitalier et la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH), et les urgentistes de l’AMUF encourageaient aussi les hospitaliers à se porter grévistes, tandis que l’Intersyndicat national des internes (ISNI) soutenait le mouvement. A la mi-journée, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP – HP) a fait état d’un taux de mobilisation de 4,8 % (absents et assignés inclus) et d’un taux de participation pour les grévistes absents de 2,7 %. En fin de journée, le ministère des comptes publics (Bercy) indiquait un taux de mobilisation de 10,4 % dans la fonction publique hospitalière (incluant les agents grévistes assignés dans les services).

Souffrance

Au-delà de la politique du gouvernement, plusieurs syndicats du cortège parisien ont fustigé les projets et le management de la direction de l’AP-HP. Le Dr Christophe Prudhomme (AMUF), présent derrière la banderole CGT, a dénoncé la fermeture des hôpitaux Bichat et Beaujon, et a demandé que cessent « les fermetures de lits » et le « non-remplacement de personnels ».

SUD-Solidaires Santé sociaux, qui a organisé une marche pendant 15 jours pour dénoncer les conditions de travail dans les hôpitaux, a rappelé que sept agents hospitaliers se sont suicidés depuis un an. « Nous sommes en sous-effectifs, la qualité et la sécurité des soins ne sont plus assurées et pourtant, nous continuons à travailler, en faisant des heures supplémentaires qui sont mises sur un compte épargne temps, qui ne sont ni payées ni récupérées, proteste un infirmier de l’hôpital Cochin. Nous sommes en souffrance, et le cœur de notre métier est attaqué. »