Parti Socialiste

Le Quotidien du médecin - Hamon promet de supprimer les franchises et édulcore son projet de conventionnement sélectif

17 mars, par Info santé sécu social

Après François Fillon lundi, Benoît Hamon a présenté ce jeudi son projet présidentiel « pour faire battre le cœur de la France ». Au chapitre de la santé, le candidat socialiste a déroulé de nombreuses propositions, sans en préciser le cadrage financier.

Pour renforcer l’accès aux soins, il décrète l’urgence contre les déserts médicaux et veut créer 1 500 maisons de santé. « Un soutien logistique et financier sera apporté aux médecins qui s’installeront dans les zones sous-dotées, a déclaré Benoît Hamon. Dans les territoires en pénurie l’État implantera des médecins salariés, avec l’appui d’une mission nationale pour l’accès aux soins, nous veillerons à un recensement des besoins territoire par territoire. »

La position de l’ancien ministre de l’Éducation a quelque peu évolué sur le conventionnement sélectif pourtant évoqué à plusieurs reprises. Dans la version longue de son programme, le candidat souligne qu’en cas d’échec des mesures incitatives, « l’installation de médecins supplémentaires dans les zones déjà surdotées n’ouvrira pas le droit au conventionnement automatique par l’assurance-maladie. »

Lors d’un débat à Paris, mercredi, le Pr Alfred Spira, Monsieur Santé de Benoît Hamon avait précisé que le sujet serait réglé « au cas par cas » : « Un spécialiste en secteur II qui souhaiterait s’installer dans une zone surdotée dans laquelle il n’y aurait pas beaucoup de praticiens en secteur I devrait exercer à tarif opposable. »

Plan national « Sport et santé »

À l’hôpital, le député des Yvelines est aussi ambitieux. Il veut recruter et améliorer les conditions de travail, mais aussi rénover les bâtiments vétustes et développer le numérique. Surtout, il souhaite revoir les conditions de financement. « Il n’est plus possible que l’hôpital soit financé à 100 % par de la tarification à l’activité, il faut que nous nous soustrayions à cette logique de rentabilité dans certains services », a-t-il indiqué.

Pour la permanence des soins, le candidat socialiste demande par ailleurs que des médecins généralistes soient adossés aux services d’urgences des hôpitaux et prennent en charge des patients, « de façon à désengorger les urgences ».

Parmi les mesures emblématiques et à forte portée symbolique, Benoît Hamon a annoncé son intention, s’il est élu, de supprimer les franchises médicales, de baisser le prix des prothèses dentaires, auditives et des lunettes avec pour limiter le reste à charge des patients. Pour aider les personnes précaires à se soigner, l’accès à la CMU-C, à l’ACS ou à l’AME sera encore simplifiée. La lutte contre la fraude aux cotisations, le travail dissimulé et les dépenses non justifiées sera menée en parallèle.

En pointe sur les questions de santé publique, le socialiste souhaite que la prescription d’activité physique par un médecin pour les maladies chroniques soit remboursée par l’assurance-maladie. « Au-delà de la prise en charge actuelle par certaines complémentaires, (...) il faut que la Sécurité sociale envoie un signal fort sur la prise en charge de ces maladies chroniques », a commenté le candidat. Cette prise en charge s’inscrirait dans un plan national « Sport santé », avec pour ambition de développer « une véritable culture du sport » dans les entreprises, les collèges et lycées, les maisons de retraite ou encore dans les administrations.

Pour la légalisation du cannabis

Concernant les médicaments innovants, le Brestois a déclaré qu’il n’hésiterait pas à décréter la licence d’office pour faire baisser leur prix, « lorsqu’une mise sur le marché du médicament innovant se fait à des prix prohibitifs pour la Sécurité sociale elle-même ». Il souhaite également développer la vente de médicaments à l’unité (mesure défendue par Sylvia Pinel qui s’est ralliée à lui).

Enfin, en termes de prévention, Benoît Hamon souhaite lutter contre la malbouffe en lançant un plan alimentation et santé publique. L’accent sera aussi mis sur les maladies chroniques, neurodégénératives et les handicaps, et un 4e plan Cancer sera lancé ; les pesticides et les perturbateurs endocriniens seront interdits.

Le candidat veut, pour finir, légaliser le cannabis pour les majeurs afin que « l’argent consacré à la répression soit consacré à la prévention des addictions, au cannabis ou à toutes les drogues ».