Complementaires santé

Le Quotidien du médecin - Pour financer le reste à charge, la surcomplémentaire gagne du terrain, selon une étude

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

Marie Foult
Le cabinet Deloitte a présenté ce jeudi son sixième Baromètre santé*, réalisé avec l’institut de sondage Opinion way. Selon cette étude, 82 % des Français se déclarent satisfaits de la qualité et de la sécurité des soins, un taux de satisfaction qui tombe à 63 % sur l’accessibilité géographique et 61 % sur l’accès financier aux soins.

48 % des sondés déclarent avoir déjà renoncé aux soins à cause de leur coût. « Ce chiffre a augmenté de 5 points par rapport à l’an dernier, même s’il varie selon les revenus des foyers », précise Michel Sebbane, en charge du secteur public en santé chez Deloitte. Le renoncement passe à 69 % pour les foyers dont le revenu n’excède pas 1 000 euros par mois.

Le souffle de la contrainte

Dans l’ordre de leurs priorités santé, les Français placent sur le podium l’accompagnement des personnes âgées dépendantes, la lutte contre les déserts médicaux, devant l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale. Pour remédier à ces déserts médicaux, 88 % des sondés jugent primordiale ou importante la contrainte de l’implantation géographique des médecins.

Préférence des Français orientations

Le cabinet Deloitte a testé quelques mesures inspirées des programmes santé des candidats. Trois quarts des Français sont favorables à la création d’une agence de contrôle des mutuelles, comme le propose François Fillon. Et 65 % sont attirés par la mise en place d’une assurance-maladie universelle (couvrant 100 % des frais de santé), que l’on retrouve chez Jean-Luc Mélenchon. 71 % soutiennent l’ouverture du numerus clausus mais seuls 32 % jugent intéressant la suppression du tiers payant généralisé obligatoire.

Complémentaires et nouveaux services

En matière de complémentaire santé, les Français sont satisfaits à 87 % des remboursements pour leurs consultations généralistes et à 81 % pour les dépenses de pharmacie. Ce taux chute à 55 % et 54 % pour les soins dentaires et optiques. Et il n’est plus que de 35 % pour les services de prévention « où nous avons un rôle à jouer », commente Jean-François Poletti, qui gère le conseil en assurances chez Deloitte.

Mais surtout, 61 % des sondés (parmi les salariés) jugent que la mise en place des contrats responsables a augmenté leur reste à charge. Plus significatif encore, depuis l’accord national interprofessionnel (ANI) qui a généralisé la complémentaire santé aux salariés, 22 % déclarent avoir souscrit à une surcomplémentaire individuelle pour être mieux couvert. En 2016, ils n’étaient que 16 %. Parmi ceux qui ont fait ce choix de la surcomplémentaire individuelle (ou l’envisagent), le budget moyen qui y est alloué atteint 49 euros par mois (contre 41 euros en 2016 et seulement 22 euros en 2015 !).

Les assureurs complémentaires sont d’abord attendus dans leur mission de remboursements, mais également dans l’accompagnement (30 % des sondés juge ce positionnement prioritaire) et le conseil (15 %). Une majorité de Français se prononcent en faveur des remboursements par les mutuelles de services de e-santé (61 %), avec un engouement pour les plus jeunes (71 %).

Prévention, le médecin traitant plébiscité

Au moment où plusieurs candidats mettent en avant la nécessité d’une révolution de la prévention, les Français abondent en ce sens : 90 % jugent que la prévention peut augmenter leur espérance de vie ou retarder l’apparition des maladies chroniques. Ils plébiscitent le médecin traitant prescripteur comme l’acteur le plus légitime (65 %), loin devant l’assurance-maladie (40 %) et le ministère (34 %). Mais surtout, on relève un recul de la légitimité accordée aux nouveaux acteurs du web (38 % des Français leur font confiance contre 59 % en 2016).

Pour gérer les données de santé, le médecin traitant est là encore le plus crédible : neuf Français sur dix sont prêts à lui rendre accessibles leurs données personnelles (contre 17 % prêts à les confier à un assureur).