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Le Quotidien du médecin - Tiers payant généralisé : « pas besoin d’en passer par une loi » si les médecins adhèrent naturellement, selon Agnès Buzyn

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

Auditionnée mardi par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale sur sa feuille de route, la ministre de la Santé Agnès Buzyn est revenue sur la réforme du tiers payant généralisé qu’elle veut « gagnant-gagnant » pour les médecins et les patients.

Interrogée par le député Gilles Lurton (LR) sur un éventuel report ou même un abandon du tiers payant généralisé pris « contre l’avis des médecins », la ministre a réaffirmé qu’elle s’en remettait aux conclusions en septembre de la mission IGAS sur sa faisabilité technique, annoncée il y a deux semaines dans nos colonnes.

« Mon idée est d’aider à sa simplification, sachant aussi qu’un rapport de l’assurance-maladie va être fait sur le tiers payant qui est aujourd’hui appliqué pour les personnes en ALD, CMU-C et ACS, a-t-elle indiqué. Il semblerait que le recours au tiers payant pour ces personnes déjà identifiées comme devant y avoir accès augmente très progressivement et serait de l’ordre de 80 % ».

Paperasserie inutile

Plutôt que d’agiter le chiffon rouge de la généralisation imposée, la ministre met en avant l’appropriation du tiers payant par les médecins. « Il est clair que si nous obtenons naturellement une courbe d’adhésion des médecins vis-à-vis du tiers payant qui rejoint 90 ou 95 %, nous n’aurons pas besoin d’en passer par une loi, donc j’attends le rapport de la CNAM et de l’IGAS pour l’année 2016 avant de prendre une décision sur ce tiers payant. »

Sans perdre de vue « l’impératif d’accès aux soins pour tous nos concitoyens », la ministre de la santé veut absolument « entendre » les arguments des médecins libéraux qui jugent la réforme « inapplicable en l’état ». « Il demande trop de temps de paperasserie inutile (...). À l’heure où on parle de déserts médicaux, quand les médecins vous disent qu’ils vont perdre une journée par semaine pour recouvrir leurs frais, il faut l’entendre ! », a-t-elle fait valoir.