La santé au travail. Les accidents de travail et maladies professionnelles

Le quotidien du médecin - AP-HP : Hirsch rend hommage à la directrice de l’HEGP, les médecins de l’association Mégnien ulcérés

il y a 3 mois, par Info santé sécu social

Le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé lundi le départ d’Anne Costa de la direction de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) tout en lui apportant une nouvelle fois son soutien indéfectible face aux reproches qui lui sont faits après le suicide du Pr Jean-Louis Mégnien, survenu en décembre 2015.

À l’occasion de l’inauguration de l’hôpital de jour de cancérologie à l’HEGP, Martin Hirsch a consacré un long moment de son discours à défendre la directrice générale des hôpitaux universitaires Paris Ouest (dont fait partie l’HEGP), sous le feu de critiques depuis la parution partielle du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur le suicide du cardiologue de l’HEGP. Sans la nommer directement (dans la synthèse de cinq pages rendue publique du rapport), les experts de l’IGAS ont en effet pointé des « manquements » dans la conduite du traitement du conflit entre le Pr Mégnien et d’autres médecins. Par ailleurs, selon « le Figaro », un autre rapport de l’inspection du travail concluant à un « homicide involontaire » mettrait directement en cause la directrice dans le décès du médecin.

Fausses rumeurs et allégations mensongères

Martin Hirsch a assuré que le rapport intégral de l’IGAS, dont il a été destinataire, « ne contient aucune mise en cause personnelle de la directrice d’HEGP ». Dénonçant des « fausses rumeurs », des « allégations mensongères » et des conclusions « détournées » par « diverses personnes », périphrase qui désigne sans les nommer les médecins de l’association Jean-Louis Mégnien et leur propos dans nos colonnes, le patron de l’AP-HP a précisé que l’IGAS « n’accuse en aucune manière [Anne Costa] de harcèlement et aucune recommandation du rapport ne préconise, de près ou de loin, de sanctionner son comportement ou de prendre des mesures administratives à son encontre. »

Quant au rapport de l’inspection du travail, « il n’a jamais été communiqué à l’AP-HP, à quelque niveau que ce soit », a assuré Martin Hirsch, qui dit n’avoir eu vent « ni de son contenu, ni de ses conclusions ». Circulez, y a rien à voir.

« Nous n’avons pas à protéger Madame Costa, parce que nous aurions sous les yeux des rapports qui établiraient qu’elle ait fauté, a martelé le directeur général. J’estime que nous avons à protéger Madame Costa parce qu’elle est l’objet d’attaques personnelles, ne respectant pas la présomption d’innocence, et faite d’insinuations non fondées sur des faits. »

Martin Hirsch a profité de cette intervention pour confirmer le départ d’Anne Costa, qui prend « dès maintenant la direction du groupe hospitalier de Paris Ouest Ile-de-France, avec les hôpitaux Ambroise-Paré, Raymond-Poincaré et celui de Berck ». Elle doit être remplacée par la directrice de Robert-Debré, Stéphanie Decoopman.

Anticipant les analyses des commentateurs, Martin Hirsch l’a juré : « ll ne s’agit pas d’une mutation disciplinaire, mais d’une mobilité tout à fait normale, qui s’effectue dans un contexte qui, pour les raisons que j’ai dites, a été anormalement violent. » Le changement de poste d’Anne Costa n’est pas une sanction, mais plutôt un moyen pour elle d’éviter de rester en position de « cible vivante et qu’on profite de la première occasion pour l’accuser de crimes qu’elle n’aurait pas commis. »

Guerre des nerfs

Sans surprise, l’association Mégnien a rapidement fait part de son « étonnement » à l’écoute du « discours surréaliste » de Martin Hirsch.

« Si l’association prend acte que la direction du groupe hospitalier dont fait partie l’HEGP est enfin renouvelée, mesure qui a été demandée par plusieurs membres de l’AP-HP dès le printemps 2014 en raison des multiples dérapages de cette direction, elle s’étonne des arguments utilisés pour défendre une action marquée par de nombreux scandales et plusieurs drames », écrit l’association de lutte contre le harcèlement moral à l’hôpital. En citant dans son discours des passages du rapport que l’IGAS n’a pas rendu public, la direction générale a « viol[é] de façon délibérée le secret professionnel », estime encore l’association. Elle indique vouloir « faire un signalement sur ce point à la ministre de la Santé, ainsi qu’au procureur de la République de Paris. » « En protégeant la direction du groupe hospitalier, la direction générale cherche à se protéger elle-même, car elle a été mise en cause dans le suicide de Jean-Louis Mégnien », assènent enfin les médecins.