Luttes et mobilisations

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il y a 4 mois, par infosecusanté

AP-HP : contre un « plan social imposé », les personnels bravent la pluie et Martin Hirsch

Anne Bayle-Iniguez

11.12.2017

Une trentaine de personnels de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) se sont rassemblés ce lundi devant le siège parisien du CHU afin de dénoncer le « plan social imposé » selon eux par la direction pour rétablir l’équilibre des comptes d’ici à 2022.

Prévu à 39 millions d’euros en début d’année, le déficit de l’établissement sur les activités de soins (compte principal) s’est dégradé de 65 millions d’euros pour atteindre un solde négatif de 104 millions d’euros, a annoncé l’AP-HP mi-octobre. Toujours selon le CHU, le compte consolidé – qui intègre les budgets annexes – s’établit à - 64 millions d’euros contre les + 6 millions d’euros prévus dans le budget initial.

Après une année 2017 jugée « atypique » par le directeur général Martin Hirsch, en raison d’une activité atone et de dotations de l’État en baisse, l’établissement a dû nettement resserrer son budget 2018, soumis pour avis ce lundi au comité technique d’établissement (CTE).

757 millions d’euros d’économies (efficience) seront nécessaires sur la période 2018-2022 « pour assurer le retour à l’équilibre du budget principal », a indiqué le CHU. Afin de limiter la progression de la masse salariale à 0,7 % en 2018, l’AP-HP prévoit de supprimer 180 postes (en équivalent temps plein) dans les effectifs non médicaux (sur près de 68 000 personnels soignants hors médecins, administratifs et techniques), en majorité dans les services de soins. Le même objectif doit être reconduit en 2019 et 2020 avant d’être ramené à 0,6 % en 2021 et 2022.

Désastre institutionnel

Pour les élus des personnels USAP-CGT, SUD-SANTE et FO-AP-HP réunis ce lundi en intersyndicale, cette politique sonne comme un « désastre institutionnel ». « On demande à ceux qui font tourner la machine de supporter les principaux efforts tout en diminuant la formation, les embauches, tout . C’est une attaque gratuite ! », a tonné Rose-May Rousseau, déléguée CGT devant le regard impassible d’une dizaine de CRS gardant l’entrée du siège de l’AP-HP sous haute surveillance.

Derrière la syndicaliste, quatre cercueils noirs de « fainéants pour l’éternité » sont alignés comme autant de signes de la mauvaise santé de la fonction publique hospitalière. « Macron, c’est marche ou crève », lit-on sur l’un d’eux. Au-dessus, une bannière tout aussi noire claque au vent : « Organisation du temps de travail, triste bilan pour Hirsch », en référence à la réforme du directeur général, rejetée par les trois syndicats (et accepté par la CFDT).

Au-delà de la suppression des 180 postes, les personnels dénoncent la « précarisation » et la dégradation des conditions de travail dans les 39 établissements franciliens, la remise en cause d’acquis sociaux, les restructurations « brutales » et les fermetures de lits programmés dans plusieurs hôpitaux (Raymond-Poincaré, Adélaïde-Hautval, fusion de Bichat et Beaujon, Hôtel-Dieu, Jean-Verdier, Henri-Mondor).

L’intersyndicale exige le retrait de la réforme du temps de travail, l’arrêt des fermetures de lits et de services, un moratoire sur les suppressions de postes ainsi que la titularisation de tous les CDD.

Les médecins rejettent le budget

La semaine dernière, la commission médicale d’établissement (CME) a émis à l’unanimité un avis négatif sur le nouveau plan global de financement pluriannuel de l’AP-HP. « La réduction des effectifs soignants rend irréaliste l’objectif d’un accroissement permanent de l’activité et dégrade la qualité de vie au travail. Cela fait courir un risque réel pour la sécurité et la qualité des soins dont nous sommes les garants », ont jugé les médecins.