L’hôpital

Lequotidiendumedecin.fr : Grippe : pic épidémique en vue, 152 établissements en situation de tension

11 janvier, par infosecusanté

Grippe : pic épidémique en vue, 152 établissements en situation de tension

Damien Coulomb

11.01.2017

Le pic de l’épidémie de grippe devrait être atteint la semaine prochaine en France, alors que 142 établissements hospitaliers se sont déclarés en état de tension, a-t-on appris ce matin lors d’un point grippe organisé au ministère des Affaires sociales et de la Santé.

Au cours de la première semaine de janvier, le bulletin épidémiologique grippe fait état d’un taux d’incidence de consultations pour syndrome grippal de 395/100 000 habitants. On décompte 4 788 passages aux urgences pour grippe dont 787 hospitalisations. Depuis le début de la surveillance entamée le 1er novembre dernier, 627 cas graves ont été admis en réanimation. En ville, les consultations pour symptômes grippaux représentent 15 % de l’activité de SOS Médecins. Les données de l’Agence santé publique française confirment en outre que 99 % des virus circulants sont de type A, et que, dans 93 % des cas, il s’agit de la souche H3N2. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a averti que le bilan de l’épidémie de grippe serait « probablement lourd ».

« Dans la plupart des régions, on observe un début de décroissance des cas de grippe, complète le Dr François Bourdillon, directeur général de l’agence Santé publique France, et nous atteignons un plateau en termes d’hospitalisation qui devrait se poursuivre. » La situation épidémique est telle que les hôpitaux sont sous tension. « Des instructions ont été transmises à l’ensemble des établissements hospitaliers pour qu’ils soient en mesure d’accueillir l’ensemble des consultations », a assuré Marisol Touraine.

Les situations de tensions se généralisent

Au cours de la semaine dernière, le nombre d’établissements ayant déclenché le « dispositif hôpital en tension » est passé de 86 à 142 en trois jours, presque exclusivement des hôpitaux publics, sur les 850 hôpitaux que compte la France métropolitaine. En Île-de-France, l’Assistance publique-Hopitaux de Paris dans son ensemble a activé ce dispositif.

« Ces établissements ne sont pas dépassés, rassure la ministre Marisol Touraine, et il n’y a pas un afflux plus important de patients aux urgences que la semaine passée, mais le nombre d’hospitalisation, en revanche, a augmenté ». En effet, un patient de plus de 65 ans sur 2 admis aux urgences pour un syndrome grippal doit être hospitalisé, de même que 80 % des plus de 75 ans. « L’enjeu est donc de garantir un nombre suffisant de lits d’aval. »

« Les échanges que nous avons eus hier avec les urgentistes nous confirme une dizaine de plans blancs ont été activés depuis le début de l’épidémie, précise le directeur général de la santé Benoît Vallet. La ministre a demandé aux établissements, via les ARS, de ne pas hésiter à les activer, de même que les dispositifs "hôpital mis en tension", qui consistent à augmenter les capacités hospitalières, à rappeler le personnel, et à déprogrammer certaines hospitalisations comme des bilans, ou de la chirurgie fonctionnelle programmée. »

Les difficultés organisationnelles ne cesseront pas une fois le pic épidémique passé, compte tenu des durées d’hospitalisation plus longues des personnes âgées. « Ces personnes fragiles ont des durées de séjour de 10 à 15 jours alors que la durée d’hospitalisation moyenne, toutes causes confondues, est inférieure à une semaine, détaille Anne-Marie Armanteras-de Saxcé, directrice générale de l’offre de soins, à cette durée va succéder une période de travail sur l’orientation de la personne pagée qui ne peut pas rentrer seule chez elle. »

L’obligation vaccinale des personnels de santé en question

Le taux décevant de vaccination contre la grippe des personnels hospitaliers a été abordé au cours de ce point épidémique. En effet, si le ministère estime qu’environ 80 % des résidents des établissements accueillant des personnes âgées sont vaccinés, ce n’est le cas que de « 25 à 30 % des personnels hospitaliers », regrette Benoît Vallet. Le directeur général de la santé voit là « un des sujets de discussion pour 2017 pour le système de santé ».

Les initiatives des établissements pour inciter à la vaccination n’étant apparemment pas suffisantes, « il faudra passer à l’étape supérieure qui pourrait être l’obligation vaccinale », juge Benoît Vallet. Une réunion sur ce thème est prévue vendredi entre le directeur général de la santé, le Pr Pierre Bégué de l’Académie française de médecine et le Pr Alain Fischer qui a présidé le comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination.