Parti Socialiste

Lequotidiendumedecin.fr : Hamon et Valls, deux candidats qui bousculent les médecins libéraux

il y a 5 mois, par infosecusanté

Hamon et Valls, deux candidats qui bousculent les médecins libéraux

Anne Bayle-Iniguez

| 23.01.2017

Benoît Hamon a créé la surprise ce dimanche en remportant avec 36,3 % des voix le premier tour de la primaire à gauche devant l’ex-Premier ministre, Manuel Valls, qui a recueilli 31,1 % des suffrages sur 1,33 million de bulletins dépouillés.

Suivent Arnaud Montebourg (17,5 % des voix), Vincent Peillon (6,8 %), puis les trois candidats non socialistes François de Rugy (3,8 %, parti écologiste), Sylvia Pinel (2 %, PRG) et Jean-Luc Bennahmias (1 %, UDE).

Deux avocats des mesures autoritaires

Les Français devront donc départager dimanche prochain, lors du second tour de cette primaire, Benoît Hamon et Manuel Valls, deux hommes situés aux antipodes de leur propre famille politique mais qui se rejoignent étrangement dès lors qu’il s’agit de parler de médecine libérale, et plus particulièrement de liberté d’installation que tous deux veulent contraindre.

Affranchi de la ligne politique du gouvernement, qu’il a quitté pour se lancer dans cette primaire, Manuel Valls a estimé au début du mois de janvier que la lutte contre la désertification médicale impliquait de « limiter » la liberté d’installation. « Nous n’avons plus d’autre choix », indiquait-il au « Parisien ». Dans un entretien au « Quotidien » quelques jours avant le premier tour de la primaire, il précisait son propos, assumant sa volonté de mettre en place un « dispositif volontariste » de régulation de l’installation mais « en concertation » avec les professionnels. Une nuance qu’il a pris soin d’évoquer lors du troisième débat, suivi par plus de trois millions de téléspectateurs. Autre mesure qui fâche : l’interdiction de dépassements d’honoraires « en secteur II conventionné », lit-on dans le programme du Catalan de 54 ans. Son objectif est de privilégier une convergence progressive vers un tarif unique et opposable. L’augmentation des tarifs ? Il n’en est pas question sans contrepartie, affirme Valls.

En voulant également déconventionner les médecins qui font le choix de s’installer en zone surdotée, Benoît Hamon s’attire lui aussi les foudres libérales. En creux, l’ancien ministre de l’Éducation défend l’idée que les médecins ne sont pas exempts de l’effort que l’ensemble des professionnels doivent faire pour favoriser l’accès aux soins.

Clivage sur l’hôpital

Sur d’autres pans de leur programme santé, les deux rivaux avancent des mesures moins iconoclastes, qui reflètent leur positionnement politique au sein de la famille socialiste.

Ce clivage est visible sur la politique hospitalière. Manuel Valls prône des mesures concurrentielles pour les hôpitaux et les services publics (mesurer la performance, généraliser la notation des usagers, faciliter les embauches provenant du privé) ainsi qu’un recadrage de la fonction publique (démission des fonctionnaires au bout de cinq ans dans le privé).

Plus à gauche, Benoît Hamon veut « repenser » l’organisation du travail à l’hôpital sous l’angle du bien-être des salariés (reconnaissance des temps de transition, prise en compte des demi-journées).

Ce lundi, l’ancien ministre de l’Éducation a argumenté sur les ondes de « France Inter » en faveur de la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle.

Interrogé aussi sur les 35 heures, il a refusé l’idée de moduler le temps de travail selon l’âge des Français, arguant que les jeunes actifs ne souhaitent pas travailler plus pour gagner plus. « Regardez les choix des jeunes médecins, c’est très caractéristique, a-t-il illustré. Ils veulent aujourd’hui articuler vie professionnelle et vie personnelle. Qu’on s’en inspire. »

Flou artistique sur le panier de soins

Au chapitre de l’assurance-maladie enfin, Benoît Hamon et Manuel Valls entretiennent le flou, sans se démarquer. Manuel Valls suggère de rembourser à 100 % un « panier de soins de ville » dont le contenu et les payeurs restent à définir.

Le Breton de 49 ans milite de son côté pour un meilleur remboursement des soins dentaires mais aussi un investissement accru des complémentaires santé. Il espère enfin « modifier la répartition » de l’aide à l’accès aux mutuelles.

Le débat de l’entre-deux tours, organisé ce mercredi à 21 heures par TF1, France 2 et France Inter, pourrait permettre aux deux impétrants de préciser leur pensée.